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mercredi 3 avril 2013

Riot

Après The Split, La Mutinerie ouvre un autre sous-genre dans lequel notre footballeur va se faire une spécialité...

RIOT - Buzz Kulik (1969)

Cully Briston (Jim Brown) n'est plus qu'à quelque mois de sa libération, lorsque qu'une bande de ses codétenus, menés par Red Fraker (Gene Hackman), déclenche une émeute, prennent en otages les gardiens et se rendent maître de la prison. Mais ce coup d'éclat vise surtout à couvrir une évasion par un tunnel patiemment creusé.
Bien que Cully Briston soit réticent à cautionner l'aventure, il reste solidaire de ses compagnons...
De tous les films de détention tourné par Jim Brown, celui-ci est à mon goût le meilleur. D'une part parce que Brown décroche enfin un rôle à sa mesure, pas seulement de soutien des personnages principaux.
D'autre part, ce film est à la fois le mieux filmé, le plus réaliste et le plus haletant. Le scénario est basé sur une histoire vraie, et le propos n'est pas la description de la dure vie en prison pour un innocent (ce qui est souvent la règle). Au contraire le film nous plonge directement dans la tentative d'évasion et montre ensuite l'auto-régulation de la vie sociale par les prisonniers.
On n'échappe pas à la classique franche camaraderie masculine, aux muscles huileux et saillants et mais ce qui pourrait devenir rapidement un film "exploitatif" classique s'avère un drame carcéral intelligent et haletant.

Gene Hackman, qui avait déjà joué aux cotés de Jim Brown dans dans le très bon The Split, décroche lui aussi son premier vrai rôle et montre déjà un vrai talent d'interprétation.
Par ailleurs, niveau casting, les acteurs de métier sont finalement assez rares et de véritables prisonniers font office d'acteurs (et pas seulement de figurants) et, l'exercice étant réussit, ceci renforce la volonté de réalisme de la production. Je citerai tout de même Bill Walker, un ancêtre du cinéma qui débuta dans les rôles limités de chef tribal et autres serviteurs et que l'on peut voir dans ...tick... tick... tick..., The Great White Hope, Shaft - The Murder Machine et A Piece of the Action, The Wiz.

mardi 26 mars 2013

...tick... tick... tick...

Dans ...tick... tick... tick... Et la violence explosa, Jim Brown décroche son premier rôle de flic : celui d'un shérif dans un patelin de Sud profond. Excellent film !

...TICK... TICK... TICK... - Ralph Nelson (1970)

John Little (George Kennedy) est le shériff de Colusa, une petite bourgade typique du vieux Sud. Cependant, son mandat touche à sa fin et son remplaçant ne fait pas l'unanimité : Jimmy Price (Jim Brown) est un Noir, élu par la majorité des habitants, essentiellement afro-américains.
Il prend ses fonctions avec suscitant d'un coté la défiance de la population blanche et d'un autre les espoirs de la communauté noire...
A mi-chemin entre In the Heat of the Night et The Klansman, ce tick... tick... tick... est un très bon film qui annonce la déferlante de production avec des Afro-Américains.
Ralph Nelson consacre deux autres de ses réalisations aux Afro-Américains : Lilies of the Field dans les années 60 et, à la fin des années 70, A Hero Ain't Nothin' But a Sandwich. Ici il propose une réalisation classique mais percutante, agrémentée de la partition de Jerry Styner (The Zebra Killer). On ressent la moiteur oppressante, les corps qui suintent, la tension raciale est palpable. La scène d'ouverture est de ce point de vue un cas d'école.
Quant à Jim Brown, il confirme ses talents d'acteurs et construit peu à peu son personnage de héros viril prenant le pas sur les autres protagonistes par son charisme froid autant que ses talents physiques.

Par contre, on est un peu déçu par le peu d'action (et de violence, comme le suggère le titre français). Ainsi la tension si bien représentée tout au long de film retombe un peu trop rapidement sans arriver à l'explosion annoncée (et attendue pour le plaisir sadique du spectateur). Cependant, la volonté Ralph Nelson était probablement de donner la primauté à la solidarité et l'entraide multiraciale qu'à un dénouement violent ; cette position est respectable.

La distribution est intéressante puisqu'elle mixe des acteurs "WASP" fort connus comme George Kennedy, Don Stroud (qui retrouve Brown sur Slaughter's Big Rip-Off), Clifton "Pepper" James, Fredric March, Mills Watson...
Mais aussi une réunion d'actrices et acteurs afro-américains de différentes générations tels Bernie Casey, Janet MacLachlan (Up Tight! , Halls of Anger, Sounder), Roy Glenn (Carmen Jones, Porgy and Bess, A Raisin in the Sun, Guess Who's Coming to Dinner), Dino Washington (Dolemite et Disco Godfather) et Bill Walker qui fait office de dinosaure avec plusieurs centaines d'apparitions ; débutant dans les années 40, il joue les servants ou les indigènes d'Afrique, on peut le remarquer dans les 70s dans Riot, A Great White Hope, A Piece of the Action et The Wiz.

mardi 31 juillet 2012

Shaft - The Murder Machine

La première et unique saison s'arrête sur La machine à tuer.

SHAFT - Episode 7
THE MURDER MACHINE - Lawrence Dobkin (1974)

Le Lieutenant Al Rossi (Eddie Barth) vient de recueillir des aveux importants d'un repenti, capable de faire tomber un caïd important.
De son coté, John Shaft (Richard Roundtree) s'apprête à marier des amis à lui qui doivent sceller leur union au tribunal, au moment même où le prisonnier de Rossi va comparaître.
C'est ce moment qu'un tueur à gage (Clu Gulager) très consciencieux choisit pour abattre le traître ; le marié meurt lors de l'attentat. Shaft en fait une affaire personnelle et veut mettre la main sur ce tueur introuvable, qui en retour veut l'éliminer car il est le seul à pouvoir le reconnaître...
Toujours trop long et pas assez dynamique à mon goût, ce dernier opus des aventures du privé de Harlem bénéficie toutefois d'un scénario et de personnages intéressants, en particulier celui du tueur à gage incarné par Clu Gulager qui, entre deux assassinats, vit une vie de famille des plus ordinaires.

Toujours est-il qu'après sept épisodes, la série s'achève sur de mauvais bilans d'audience, et la version mi-chèvre mi-chou de Shaft qu'ont tentée de populariser les producteurs n'a pas prise : trop édulcorée pour le public originel et trop commune en tant que série policière pour capter le grand public.
Très reconnaissable avec sa boule à zéro et sa barbiche, Sid Haig apparaît dans une scène mais n'est pas crédité au générique.
Signalons dans un tout petit rôle la présence de Bill Walker, un acteur qui débute dans les années 40 dans des rôles de servant et d'employé des wagons-lits Pullman, il joue dans Riot, The Great White Hope, tick... tick... tick..., A Piece of the Action ou encore The Wiz ; fils d'un esclave affranchi, Walker milite pour les droits civiques et contracte l'un des premiers mariages inter-racial d'Hollywood (avec l'actrice canadienne Peggy Cartwright).

vendredi 12 novembre 2010

A Piece of the Action

L'année 77 voit naître le punk, certes, mais c'est du coté du cinéma soul la fin de deux trilogies, celle des Dolemite avec Petey Wheatstraw ; tandis que dans un tout autre registre se conclue la -fausse- trilogie réunissant Sidney Poitier et Bill Cosby.


A PIECE OF THE ACTION - Sidney Poitier (1977)


1975 : David Anderson (Bill Cosby) déjoue les pièges de haute technologie pour accéder à un coffre et vole une grosse somme d'argent.
1976 : Manny Durrell (Sidney Poitier) réussit un véritable coup de bluff et dérobe 475000 $ à un gros mafieu, Mister Bruno (Tito Vandis).
Quelques mois plus tard, l'inspecteur Joshua Burke (James Earl Jones) -qui a enquêté sur ces deux affaires- prend sa retraite. Pour une raison qui restera secrète jusqu'à la fin, il a décidé de faire payer les deux filous en les obligeant à travailler gratuitement pour un centre social, dirigé par Lila French (Denise Nicholas).
Les deux compères qui ne se connaissaient pas jusqu'alors sont obligés d'accepter ; ils tentent de découvrir leur mystérieux et atypique maître-chanteur.
La première demi-heure laisse espérer : les arnaques de Poitier et Cosby sont plutôt agréables, tout comme leur première rencontre avec Denise Nicholas (où ils ne comprennent rien à ce qui se trame).
Malgré ce début prometteur, Poitier peine malheureusement à convaincre sur la longueur. Il hésite entre la comédie classique, l'action, le vaudeville familial et la chronique sociale. Et il rate presque chacun de ses objectifs qu'il avait pourtant mixés à merveille dans ses deux précédents films : l'humour est diffu, l'action trop peu rythmée et la morale d'un ennui indescriptible. La belle-famille de Manny (en particulier Ja'net DuBois en tante alcoolique) aurait pu être un parfait divertissement, mais le ressort est complètement sous-utilisé. Quant au propos politique et moral, on se vautre dans des clichés éculés sur la jeunesse et un paternalisme dégoulinant...
Ce film se révèle donc ennuyeux (ce qui est d'autant plus difficile qu'il est le plus long avec ses 135 minutes).

On se console avec un casting de rêve : James Earl Jones, grand acteur bien mal utilisé, connu pour ses rôles aux coté d'Harrison Ford, sa voix de Dark Vador... Il est surtout premier le premier président noir des USA dans The Man, et incarne l'écrivain Alex Haley dans Roots : Next Generation.
Coté féminin, il faut citer Denise Nicholas, Tracy Reed et Frances Foster, une actrice de séries que Spike Lee embauche dans Croocklyn et Clockers. On peut aussi évoquer Frances E. Williams (The Black Klansman, Together Brothers, Baby Needs a New Pair of Shoes), Eric Laneuville (aperçu dans Black Belt Jones et plus tard réalisateur de séries comme Lost ou Prison Break), Bryan O'Dell tiendra l'année suivante le rôle-titre de Youngblood, Gloria Delaney (Black Girl, The Human Tornado, Joey, Blue Collar, Penitentiary, Crossroads), ainsi que Tamu Blackwell, Cyril et Sherri Poitier, James Wheaton, Gammy Singer, Titos Vandis et Steve Vignari.

dimanche 29 août 2010

The Wiz

Remake afro-américain du Magicien d'Oz à la sauce "blax"...

THE WIZ - Sidney Lumet (1978)


En tentant de rattraper son chien Toto, Dorothy (Diana Ross) -une institutrice de Harlem qui vit encore chez son oncle et sa tante- est emportée dans un tourbillon de neige ; elle atterrit à Munchkinland, une région du pays d'Oz.
Elle tue par inadvertance la méchante sorcière de l'est et libère d'étranges enfants enfermés dans des grafittis. Eberluée, elle veut retourner chez elle ; pour celà, elle doit rencontrer le Magicien d'Oz -"The Wiz".
Dans son périple, Dorothy rencontre un épouvantail sans cervelle (Michael Jackson), un homme de fer sans coeur (Nipsey Russell) et un lion sans courage (Ted Ross). Ensemble, ils décident de demander au magicien ce qui leur fait défaut.
Mais celui-ci conditionne son aide : Dorothy et ses comparses doivent supprimer la méchante sorcière Evilene (Mabel King).

Ce film est une double adaptation : d'abord du célèbre Magicien d'Oz revisité d'un point de vue afro-américain ensuite la transposition cinématographique d'une comédie musicale jouée à Broadway.
D'abord le casting s'en ressent avec l'emploi de Stanley Greene, Mabel King (déjà croisée dans Ganja & Hess ou The Bingo Long Traveling All-Stars & Motor Kings) ou Thelma Carpenter qui jouent aussi dans la comédie de Broadway. De même que le foisonnement de chanteurs de métier comme Nipsey Russell, Thelma Carpenter, Rhetta Hughes (présente dans Sweet Sweetback's Baadasssss Song et Don't Play Us Cheap) et certains qui font leur premier pas (à l'instar de Joshie Armstead, Roberta Flack, Robin Givens, Ray Simpson des Village People...), des danseurs et chorégraphes tels Carlton Johnson et Joe Lynn,

La mise en scène de Sidney Lumet est assez typique aussi des adaptions avec une succession de tableaux où s'entremêlent comédie classique, chants et danses endiablées. On a droit à de véritables ballets plutôt bien filmés et des décors post-apocalyptiques à la Mad Max.
Alors, c'est sûr qu'à l'heure du tout numérique et de la 3D, cette comédie musicale, ses costumes et ses décors paraissent bien cheap. Cependant, pour l'époque, The Wiz est bien un film à grand spectacle très respectable et techniquement abouti, avec de très jolie trouvailles graphiques (à l'image de la "transformation" des adeptes de la sorcière, le micro vivant, ou encore la saynète avec les corbeaux et Michael Jackson).
Il n'en reste pas moins que le films souffre de certaines longueurs (il faut une heure entière à Dorothty pour rencontrer ses compagnons d'infortune).

Par contre, je trouve la prestation de Diana Ross sans relief. Les deux surprises viennent plutôt d'un débutant et d'une ancienne gloire. Pour le premier il s'agit de Michael Jackson, assez lisse dans son personnage d'épouvantail mais très convaincant dans ses prestations scéniques. Pour la seconde, d'une grande dame qui nous a quitté cette année : Lena Horne, pour son dernier long métrage , impressionnante dans un un solo magistral en guise de quasi-clôture du film.
A noter aussi les cascades de Steve James (qui deviendra entre autre Kun-Fu Joe dans I'm Gonna Git You Sucka).