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mercredi 5 février 2014

Carmen : A Hip Hopera

On quitte les buddy movies pour un passage rapide par la case comédie musicale avec cette Carmen revisitée...

CARMEN : A HIP HOPERA - Robert Townsend (2001)

Derek Hill (Mekhi Phifer) est un petit flic en uniforme de Philadelphie, fiancé et à la vie toute tracée. Mais il rencontre Carmen Brown (Beyoncé Knowles) et plus rien ne sera jamais comme avant !
D'abord Derek hésite à l'arrêter, malgré l'ordre de son supérieur le Lieutenant Miller (Mos Def). Ensuite au lieu de l'emmener directement au commissariat, il accepte de la déposer chez elle pour prendre quelques affaires... et bien sûr la belle le fait succomber à ses charmes. Au matin, Derek est cueilli par Miller et envoyé en prison.
De son coté, Carmen et ses copines (Rah Digga & Joy Bryant) rencontrent la star du rap Blaze (Casey Lee), qui tombe sous le charme de Carmen et lui propose de l'accompagner à Los Angeles ; ses amies acceptent, elle refuse attendant la libération de Derek. Et lorsqu'il sort, les deux tourtereaux s'envolent pour L.A. mais les ennuis s'accumulent...
Dans la fin des années 80, les réalisateurs afro-américains étaient rares, ceux qui osaient avoir un avis sur la place des Noirs à Hollywood se comptaient sur les doigts d'une main. Robert Townsend en faisaient parti avec des films aussi réussis qu'Hollywood Shuffle et The Five Heartbeats (et les plus légers The Meteor Man et B*A*P*S). Mais la voie de l'indépendance n'est pas un chemin pavé de roses et Towsend s'est vu cantonné dans les années suivantes à réaliser pour des séries et films pour la télévision.
Ici, il est aux commandes d'une production MTV qui bénéficie d'un casting pour le moins alléchant, dont les trois principaux : Beyoncé, Mekhi Phifer et Mos Def !

L'opéra Carmen, lui-même tiré d'un roman, a été maintes fois adapté au cinéma. Mais, il n'avait pas eu de transposition dans un milieu afro-américain depuis l'intéressant Carmen Jones d'Otto Preminger avec Dorothy Dandridge et Harry Belafonte.
De Carmen, cet "hip hopéra" s'écarte un peu trop à mon sens : d'abord par le dénouement qui change donc l'esprit général par rapport à l’œuvre originale, ensuite par la BO -pas mauvaise- qui ne reprend aucun des thèmes majeurs (et ultra-connus) de Bizet. La réalisation efficace, mais sans génie, et Towsend ne parvient pas à faire de ce téléfilm autre chose qu'une succession de (plus ou moins bons) clips.

La prestation de Beyoncé, Mekhi Phifer et Mos Def est de bonne tenue. Les deux derniers s'en sortent même très bien dans les phases de jeu classique et préparent déjà leur reconversion de la musique vers les petits et grands écrans.
Mais les surprises de la distribution ne s'arrêtent pas là. Il y a Wyclef Jean en diseur de bonne aventure, le tout jeune Lil' Bow Wow qui fait ses premiers pas d'acteur ou encore la star de la blaxploitation Fred "The Hammer" Williamson toujours aussi athlétique !
Citons encore Michael Elliot (Like Mike, Brown Sugar, Just Wright), les B-girls Rah Digga et DaBrat (rapeuse de seconde zone et demi-sœur de l'actrice LisaRaye, avec qui elle joue dans Civil Brand), Casey Lee (pote des frères Wayans qui jouent plusieur fois à leurs cotés dans Don't Be a Menace, la série TV, White Chicks, Dance Flick) ou encore Joy Bryant pour son premier film (on la retrouvera au fil des ans dans des seconds rôles dans Showtime, Baadasssss !, Get Rich or Die Tryin et Welcome Home, Roscoe Jenkins...)

jeudi 7 juin 2012

Comédies des 2000s : conclusion

La décennie de comédies afro-américaines s'ouvre sur un documentaire de Spike Lee sur quatre grands comiques réunis dans le spectacle The Original Kings of Comedy.
Force est de constater que les choses ont bien avancé depuis les années 70 et le phénomène de la blaxploitation puis le recul des 80s ; on assiste plutôt la confirmation de la tendance amorcée dans les années 90 qui va vers une "normalisation" des rôles afro-américains. Ainsi, bonnes ou mauvaises, ces comédies semblent avoir délaissé les bouffons noirs asexués. Et, si l'on retrouve ça et là quelques vieilles caricatures, et la recette facile du buddy movie inter-racial (Bronx à Bel Air, Showtime, National Security, I Spy et The Man), celà ne représente plus qu'une petite part des productions et des succès au box office.
Le nombre de films s'est considérablement accru, ainsi que la part des Afro-Américains dans la production ou la réalisation. Le sous-genre le plus prisé s'impose comme la comédie sentimentale.

Comédies sentimentales
A l'intérieur du genre "comédies", se développe un véritable sous-groupe très lucratif : la comédie romantique. Pas une année sans deux ou trois gros titres relevant de cette alchimie bien dosée entre humour et romance. Atteignant le rang de film culte, Two Can Play That Game ouvre la voie. Puis des dizaines se succèdent reprenant souvent les mêmes ingrédients, voire les mêmes acteurs : The Ladies Man, Kingdom Come, Bringing Down the House, The Fighting Temptations, Breakin' All the Rules, Are We There Yet ?, Guess Who, The Honeymooners, Last Holiday, Phat Girlz, Three Can Play That Game, Who Made the Potatoe Salad ?, The Perfect Holiday, This Christmas, Love For Sale, 

Quelques uns sortent du lot comme Deliver Us from Eva qui offre enfin un vrai rôle à Gabrielle Union, I Think I Love My Wife (remake par Chris Rock d'un film d'Eric Roehmer) ou le déjanté She Hate Me signé Spike Lee.

And Tyler Perry is coming...
Le phénomène de ces années 2000 est incontestablement Tyler Perry, acteur, réalisateur et scénariste. Il livre plus d'une dizaine de films dont la plupart sont des comédies dramatiques avec fil conducteur le personnage d'une grand-mère allumée autant que moraliste, Madea. Elle débarque dans Diary Of A Mad Black Woman puis revient à rythme quasi annuel dans Madea's Family Reunion, Meet the Browns, Madea Goes to Jail, I Can Do Bad All By Myself, Madea's Big Happy Family
Deuxième franchise à succès Why Did I Get Married ? et Why Did I Get Married Too ? rassemble Janet Jackson, Tasha Smith ou Michael Jay White.
La comparaison avec Spike Lee me paraît pertinente, et légèrement provocatrice quand on sait l'animosité qui règne entre les deux. Non pas que Perry en ait le talent (je pense au contraire qu'il en est loin d'en avoir la finesse et les qualité de cinéaste), mais leurs parcours pour percer dans l'industrie cinématographique montrent des similitudes. D'abord par les moyens de production : de petits films indépendants, mais avec des succès financier et d'estime (auprès de publics différents cependant). Ensuite, Perry fait évoluer ses films dans un petit monde bien délimité : la bourgeoisie afro-américaine, qu'il traite avec des angles de prédilection : les drames conjugaux, la violence, la famille, la maltraitance, la maladie...
Enfin comme Spike Lee, Tyler Perry s'adjoint une bande avec laquelle il travaille de façon presque continu : de la ribambelle d'actrices et d'acteurs connus (dont certains représentent un morceau de l'histoire artistique afro-américaine) jusqu'à certains figurants -en particuliers chanteurs et musiciens- en passant par une équipe technique resserrée.

Sport

Les années 2000 font aussi la part belle aux comédies sportives. Le basket se place bien en tête avec Juwanna Man, Like Mike et sa séquelle, The Cookout, Rebound, Frankenhood, Just Wright... mais l'on retrouve aussi le base ball avec Mr. 3000, le football -l' "américain" bien sûr pas le soccer- avec The Longshots (film très agréable sur fond de chômage et de crise industrielle, qui permet de découvrir la jeune Keke Palmer), le roller comme hobby de la jeunesse afro-américaine dans les très bons Roll Bounce et ATL, et même le golf avec Who's Your Caddy ?
Barbiers et coiffeuses...
Lancée par Ice Cube et son Barbershop, la mode des films de salon pour hommes ou femmes explosent (et retombe tout aussi rapidement).
En deux ans, plusieurs films sortent mettant en scène coiffeuses et barbiers : Hair Show, Barbershop 2 : Back in Business, Nora's Hair Salon, Beauty Shop, The Salon avec en tête d'affiches des actrices et acteurs banckable comme Mo'Nique, Ice Cube, Jenifer Lewis, Queen Latifah ou Vivica A. Fox.
Malgré leur redondance et leurs irrégularités, ces films mettent la loupe sur un lieu central de la socialisation afro-américaine. En 2009, Chris Rock consacre même un très bon documentaire sur les problématiques capillaires : Good Hair.

Les femmes arrivent enfin !
Si l'on excepte Whoopi Goldberg dans les 80s, les femmes n'avaient que des rôles subalternes dans les comédies black... et par là-même, bien que connues et talentueuses, les actrices afro-américaines étaient cantonnées aux rôles d'épouses et/ou de bombes sexuelles.
Avec les comédies sentimentales qui se développent, nombres d'actrices arrivent sur le devant de la scène : Gabrielle Union, Jada Pinkett Smith, Vivica A. Fox, Queen Latifah, Zoe Saldana, Mo'Nique... toutes ces excellentes actrices ont souvent commencé dans des seconds rôles plus ou moins dénudés, les années 2000 leur offrent des seconds rôles conséquents (mettant souvent en avant leur charme, mais ne les limitant pas à ça) et des premiers rôles forts et jusqu'alors inédits. The Longshots propose même de déconstruire les genres en donnant la vedette à une adolescente douée au football et qui s'impose dans une équipe de mecs !

C'est aussi le tour des réalisatrices. Bien qu'encore limité, le phénomène est notable. Et leur travail est indéniablement différent, proposant un autre regard sur la sexualité et une autre représentation des femmes. C'est le cas de Jennifer Sharp et Nnegest Likké, à qui l'on doit respectivement I'm Through with White Girls (The Inevitable Undoing of Jay Brooks) et Phat Girlz.
Dans un tout autre style, Kasi Lemmons réalise un très intéressant biopic avec Don Cheadle, avec en toile de fond les droits civiques et le black power : Talk To Me.

Hip hop comedies
Bien entendu, la représentation des femmes comme objet sexuel a toujours court, et spécifiquement dans les films hip hop, de The Wash à Soul Plane en passant par How High, The Cookout, Who's Your Caddy ?, The Janky Promoters ou Something Like a Business.
Le problème est que ces comédies, pourtant essentiellement réalisées et:ou produites par des Afro-Américains, concentrent tous les clichés racistes que Hollywood a pratiquement effacé de ses logiciels : le black buck à la sexualité insatiable, les coons fainéants à la démarche non-chalante, les tragic mulattoes aux charmes venimeux et les grosses mamas moralistes.
C'est de mon point de vue le pire constat (et la confirmation d'un processus entamé dans les années 90) : Hollywood a réussi à s'affranchir en parti des stéréotypes séculaires tant dénoncés par les associations antiracistes, les "autorisant" au réalisateurs afro-américains qu'ils produisent.
Cependant tous les projets issu du milieu du rap ne sont pas identiques. Ainsi, le plus abouti de ces films est aussi le moins couteux : Gangsta Rap : The Glockumentary, faux documentaire plus vrai que nature réalisé par Damon "Coke" Daniels.

Encore plus à la marge des comédies hip hop ordinaires, Michel Gondry et Dave Chappelle livrent l'excellent Block Party, sorte de making of d'un énorme concert gratuit réunissant les grands noms du rap US dans les rues de Brooklyn.

Eddie Murphy, valeur (moins) sûre...
Troisième décennie comme tête d'affiche pour Eddie Murphy ! D'un coté, il s'oriente vers des comédies familiales (Dr. Dolittle 2, Daddy Day Care, The Haunted Mansion, Imagine That) et d'un autre reste sur le registre qui a fait son succès, celui du héros aux longues tirades, aux multiples combines et tout de même au grand cœur (Showtime, The adventures of Pluto Nash, I Spy). Autant les premiers sont de relatifs succès (mérités de surcroit), autant ses comédies d'action -où il partage l'affiche avec De Niro ou Owen Wilson- sentent le réchauffé et se traduisent par des échecs cuisants (qui ne remboursent pas leur budget de production). Avec Norbit et Meet Dave, il récidive dans le genre ultra-lourdingue où il incarne plusieurs personnages... Il est à ce sujet intéressant de voir ce qu'en pense son doubleur français, le grand Med Hondo. Non chroniqué ici, le grand succès de Murphy de ces dernières années reste l'âne de Shreck.

Lien
Son "élève" Martin Lawrence marche dans ses pas en jouant dans des comédies d'action répétitives et rarement très inspirées, telles que Le chevalier black, National Security et Big Mamma. Dans ce dernier cas, le concept original -qui arrive à éviter les poncifs attendus- est vite effacé pour produire deux séquelles nullissimes (Big Momma's House 2 et Big Momma : Like Father, Like Son) qui pour le coup n'oublient aucun ingrédient de mauvais goût !
Heureusement, des films comme Welcome Home Roscoe Jenkins, College Road Trip ou Death at Funeral (et même Bad Boys II) viennent rappeler que Martin Lawrence peut jouer autre chose jouer des rôles comiques sans être le bouffons de service...

Parodies et remakes
Acheter un scénario de série ou de film étranger est une pratique répandue à Hollywood, ce phénomène touche aussi le cinéma afro-américain. D'une part, il y a les adaptations assez classiques de séries mythiques comme Starsky & Hutch, Fat Albert et moins connues comme I Spy et The Honeymooners. Bien sûr il y a aussi des remakes de films : Chris Rock s'attaque au réalisateur français Eric Rohmer avec I Think I Love My Wife, il joue aussi dans Death At A Funeral aux cotés de Martin Lawrence, Loretta Devine, Zoe Saldana, Danny Glover et bien d'autres. Kevin Rodney Sullivan propose Guess Who qui revisite, sous une forme inversée et pour le moins maladroite, la comédie culte avec Sideny Poitier : Guess Who's Coming to Dinner.
Signe des temps, il est intéressant de noter que The Honeymooners, Are We Done Yet ? ou encore I Think I Love My Wife sont des remakes où les personnages principaux blancs remplacés par des Afro-Américains.

Du coté des parodies, la famille Wayans est toujours à la manœuvre dans ce sous-genre avec Scary Movie et Scary Movie 2 de Keenen Ivory et Dance Flick de Damien Dante. Le talentueux réalisateur Gary Hardwick fait une tentative dans cette veine, avec l'inégal Universal Remote.
On trouve aussi un nombre conséquent de comédies qui reprennent les codes des soul movies ; c'est le cas du déjanté Pootie Tang, du très cool Undercover Brother et de la déclinaison juive de la blax avec l'étonnant The Hebrew Hammer.
Mention spéciale pour l'excellent Black Dynamite, véritable hommage à la blaxploitation qui dépasse largement le pastiche et reste le projet cinématographique afro-américain de cette dernière décennie !


2000
Bamboozled
Big Momma's House
The Ladies Man
The Original Kings of Comedy
Next Friday
Scary Movie
The Wash

2001
Black Knight
Down To Earth
Dr. Dolittle 2
How high
Kingdom Come
Pootie Tang
Scary Movie 2
Two Can Play That Game

2002
The adventures of Pluto Nash
All About the Benjamins
Barbershop
The Boat Trip
Friday After Next
I Spy
Juwanna Mann
Like Mike
Showtime
Undercover Brother

2003
Baadasssss ! How to Get the Man's Foot Outta Your Ass
Bad Santa
Bad Boys II
Bringing Down the House
Daddy Day Care
Deliver Us from Eva
The Fighting Temptations
The Haunted Mansion
Head of State
The Hebrew Hammer
National Security

2004
Barbershop 2 Back in Business
Breakin' All The Rules
The Cookout
Fat Albert
Hair Show
Mr. 3000
My Baby's Daddy
She Hate Me
Soul Plane
Starsky & Hutch
White Chicks

2005
Are We There Yet ?
Beauty Shop
Block Party
Diary Of A Mad Black Woman
Guess Who
The Honeymooners
Lil' Pimp
King's Ransom
The Man
Rebound
Roll Bounce
The Salon

2006
ATL
Big Momma's House 2
Last Holiday
Little Man
Madea's Family Reunion
Phat Girlz
Who Made the Potatoe Salad ?

2007
Are We Done Yet ?
Daddy Day Camp
Gangsta Rap : The Glockumentary
The Hustle
I'm Through with White Girls (The Inevitable Undoing of Jay Brooks)
I Think I Love My Wife
The Perfect Holiday
Norbit
Talk to Me
This Christmas
Three Can Play That Game
Universal Remote
Who's Your Caddy ?
Why Did I Get Married ?

2008
Be Kind Rewind
College Road Trip
First Sunday
Love For Sale
Meet Dave
Meet The Browns
The Longshots
Soul Men
Welcome Home, Roscoe Jenkins

2009
Black Dynamite
Dance Flick
Frankenhood
Good Hair (Documentaire)
Imagine That
I Can Do Bad All by Myself
The Janky Promoters
Madea Goes to Jail
Next Day Air

2010
Death At a Funeral 
Just Wright 
Lottery Ticket 
Our Family Wedding
Something Like a Business
Speed-Dating
Why Did I Get Married Too ?

2011
35 and Ticking 
Big Mommas : Like Father, Like Son 
Jumping the Broom
Madea's Big Happy Family 

dimanche 3 juin 2012

Madea's Big Happy Family

Après trois opus en un an, Perry délaisse Madea quelques temps (qu'il met à profit pour sortir Why Did I Get Married Too ? et For Colored Girls)

MADEA'S BIG HAPPY FAMILY - Tyler Perry (2011)

Tandis que Leroy Brown (David Mann) doit subir une petite intervention chirurgicale et se mettre à la diète, Shirley (Loretta Devine) apprend que son cancer a empiré. Pour passer cette épreuve, elle veut être entouré de ses enfants Byron, Kimberly et Tammy (Bow Wow, Shannon Kane & Natalie Desselle). Mais ceux-ci sont empêtrés dans leurs propres problèmes, et Shirley n'arrive pas à leur parler de sa maladie.
Madea (Tyler Perry) vient à son secours pour unifier la famille...

Toujours avec son mélange si particulier de drame et de comédie, Tyler Perry s'attaque ici à la maladie et ses conséquences sur les familles.

Comme trop souvent, je formule le même reproche sur le trop grand nombre de segments et de thèmes que veut aborder Perry qui livre une fois encore un film assez peu drôle et très brouillon. Ce qui ne l'empêche pas de rencontrer à nouveau un succès populaire -et financier- incontestable, avec plus de 50 millions au box office (soir deux fois le budget de production).
Le réalisateur/acteur/scénariste s'entoure toujours de certains acteurs fétiches (reprenant des rôles récurrents dans ses films et séries) comme David Mann, Tamela J. Mann, Cassi Davis et Cheryl Pepsii Riley. Il en va de même pour l'équipe technique avec le directeur de la phtoto Toyomichi Kurita, la monteuse Maysie Hoy, la directrice de casting Kim Williams, le compositeur Aaron Zigman, le décorateur Lance Totten, le costumier Keith G. Lewis...

Après avoir joué dans For Colored Girls, Loretta Devine entre donc dans la franchise des Madea ; mais elle est émouvante dans ce rôle de mère malade, altruiste et dépassée par les problèmes de ses enfants.
Cette fois pas de grand nom du cinéma afro-américain, Perry donne sa place à la jeune génération avec Lauren London (ATL, This Christmas, Next Day Air) et le rapeur/acteur Bow Wow (All About the Benjamins, Like Mike, Roll Bounce, The Fast and the Furious: Tokyo Drift, Hurricane Season, Lottery Ticket). Il donne aussi un rôle à Natalie Desselle, un peu oubliée depuis la fin des 90s où elle enchainait les rôles avec Set It Off, How to Be a Player ou B*A*P*S.

vendredi 18 mai 2012

Lottery Ticket

Comédie où se succèdent actrices et acteurs connus...

LOTTERY TICKET - Erik White (2010)


Kevin Carson (Bow Wow) est un jeune homme légèrement introverti ; il travaille chez Foot Locker, vit chez sa grand-mère mystique (Loretta Devine) et n'arrive pas à sortir avec des filles...
Sa journée se passe bien mal, mais le soir Kevin et sa Grandma découvrent qu'ils ont gagné 370 millions de dollars au loto. Impossible de toucher leurs gains avant trois jours pour cause de week-end férié ! Et pour couronner le tout, Grandma se confie à Semaj (Charles Q. Murphy) un voisin pas très discret.
Le secret éventé, Kevin doit échapper -avec l'aide de son pote Benny (Brandon T. Jackson)- à ses voisins envieux qui veulent tous leur part du gâteau...
Voilà un de ces films qui peut attirer par son casting, mais déçoit à tous les coups au visionnage. Toujours est-il qu'il réalise un score pas si mauvais au box office, avec des recettes atteignant 24 millions. Déjà réunis dans le très agréable Roll Bounce, le duo composé de Bow Wow (Like Mike, All About the Benjamins, Hurricane Season) et Brandon T. Jackson (Ali, 8 Mile, This Christmas, Big Mommas: Like Father, Like Son) s'en tire plutôt bien ; le premier dans le rôle du looser introverti et le second dans celui du looser qui se croit super cool. Et la ribambelle de seconds rôles est impressionnante : se succèdent à l'écran Ice Cube, Loretta Devine, Terry Crews, Keith David, Mike Epps et Charles Q. Murphy, tous dans des seconds rôles bien calibrés, pour certains inattendus.
Mais la superposition de petites saynètes avec ces guests ne suffit pas à faire en faire un bon film. On rigole quelques fois, mais l'ensemble est trop inégal, et l'ambiance bling-bling est vite lassante, comme ces effets de ralenti sur des beats hip hop qui rappelle trop les clips de MTV (Eric White est en fait spécialisé dans ce genre-là, et Lottery Ticket est son seul film).
Quant à la pathétique représentation des femmes en créatures vénales, elle ne fait que plomber un peu plus ce film finalement moyen.

Pour le reste du casting, on croise maintes gueules de second plan : Chris Williams (Blankman, Major Payne, Friday After Next), Bill Bellamy (Who's the Man ?, Fled), Vince Green (Barbershop), Miko DeFoor (Soul Men), Malieek Straughter (Friday After Next)...

samedi 3 mars 2012

Roll Bounce

Malcolm D. Lee revient avec une comédie très agréable sur une bande d'adolescents dans les années 70 : La fièvre du roller...

ROLL BOUNCE - Malcolm D. Lee (2005)


Eté 1978, à Chicago. Xavier "X" Smith (Bow Wow) est un jeune adolescent tout ce qu'il y a de plus normal : il vit avec son père Curtis (Chi McBride) et sa petite sœur, distribue les journaux pour gagner quelques sous qu'il dépense en sortie avec ses copains. Et comme l'ambiance à la maison est plutôt tendue, il s'évade en faisant du roller avec sa bande de copains : Junior, Mixed Mike, Naps et Boo (Brandon T. Jackson, Khleo Thomas, Rick Gonzalez & Marcus T. Paulk).
Mais leur patinoire est en réfection, et les ados sont obligés d'aller dans une autre plus huppée où ils sont méprisés par les employés comme par les autres patineurs, au premier rang desquels le champion Sweetness (Wesley Jonathan) et ses coéquipiers.
Produit par George Tillman Jr. et réalisé par Malcolm D. Lee (à qui l'on doit de bonnes comédies telles que Undercover Brother, Welcome Home, Roscoe Jenkins, Soul Men), le scénario est signé Norman Vance Jr. (Beauty Shop et Pride). Quant à la BOF, elle est co-écrite Stanley Clarke et Nile Rodgers, le premier compose pour nombre de succès afro-américain, le second est surtout connu comme le guitariste de Chic, le groupe à succès des 70s (il signe tout de même les BOF de Coming to America et Le flic de Beverly Hills III). Bref, l'alignement de ces grands noms devraient assurer un carton. Pourtant les recettes sont plutôt faiblardes (17 millions de dollars) et le public boude, dommage !
Car il faut dire que j'ai pas mal accroché (partant avec un à priori négatif). Tout d'abord, l'ambiance 70s est une vraie réussite, et l'on découvre vite que le roller ne sert que de toile de fond à une évocation nostalgique et sentimentale de cette époque. Malcolm D. Lee propose une réalisation léchée et des plans diversifiés, une minutie toute particulière pour restituer les décors et les objets courants de l'époque, et insuffle une âme à ses personnages.

Enfin le casting tape juste et, pour une fois, les jeunes acteurs donnent une vraie profondeur à leur personnage ; ainsi Bow Wow, Wesley Jonathan, Brandon T. Jackson et Khleo Thomas participent chacun à leur meilleur film à ce jour.
Quant aux adultes, ils font office de seconds rôles tantôt comiques, tantôt dramatiques. Chi McBride incarne le père du héros alors que Mike Epps et Charles Q. Murphy sont des éboueurs allumés.

mercredi 14 décembre 2011

Like Mike

Le basket a toujours servi de toile de fond aux comédies de The Fish That Saved Pittsburgh à Space Jam en passant par White Men Can't Jump et The 6th Man. Magic Baskets rajeunit le genre en confiant le rôle-titre à un jeune chanteur de rap...

LIKE MIKE - John Schultz (2002)

Calvin (Bow Wow) est un orphelin, placé dans un foyer ; exploité par le responsable de l'orphelinat, les enfants vendent des friandises devant le stade. Pendant une de ces ventes, Calvin rencontre le coach (Robert Forster) des Los Angeles Knights qui lui offre des places pour le prochain match.
Le lendemain, Calvin découvre une vieille paire de chaussures. Non seulement elles ont appartenu à Michael Jordan, mais en plus elles confèrent un pouvoir de jeu surhumain à qui les porte. Et, au match de basket où ils étaient invités, lorsque Calvin joue à la mi-temps contre Tracy Reynolds (Morris Chestnut), il dribble à merveille et fait des dunks sublimes. Il est engagé chez les Knights, au grand dam de Tracy...
Avec moins d'une dizaine de films à son actif (dont The Honeymooners), John Schultz propose tout de même un petit film familial pas trop mal rythmé.
Jeune star du hip hop, intrigue minimaliste, orphelins en quête d'amour, vrais joueurs de baskets (dont Alonzo Mourning, Rasheed Wallace et Allen Iverson qui participent respectivement à Space Jam, Juwanna Mann et Imagine That et le coach John Thompson dans The Sixth Man et He Got Game), méchant éducateur, parents adoptifs vénaux et morale gentillette : tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce film une comédie chérie par les enfants, doublé d'un succès au box-office avec ses 60 millions de dollars.
La musique est signée de Richard Gibbs, LE compositeur des -plus ou moins bons- succès comiques grand public du début des années 2000 (tels que Dr. Dolittle, Big Momma's House, I Spy, My Baby's Daddy, Barbershop 2, Fat Albert ou The Honeymooners).

Les deux rôles principaux sont confiés à Bow Wow et Morris Chestnut. Le premier est un très jeune rappeur médiatique -et talentueux- connu comme Lil'Bow Wow ; après une apparition dans All About the Benjamins, il tient là son premier gros rôle (il jouera ensuite dans Fast & Furious: Tokyo Drift, Roll Bounce, Hurricane Season, Lottery Ticket...). Le second, Morris Chestnut, est un ancien jeune premier découvert dans Boyz N the Hood (et The Last Boy Scout) et plutôt tombé en désuétude, il revient dans le début des années 2000 avec The Best Man, Two Can Play That Game et The Brothers.
Se rajoutent Eugene Levy et l'icône des films d'exploitation des 70s : Robert Forster (sublimé par Tarantino dans Jackie Brown). Quelques comédiens afro-américains viennent grossir les seconds rôles tels Reginald VelJohnson (Die Hard 1 & 2, la série Family Matters ou encore Posse), Vanessa Williams (New Jack City, Drop Squad, la série Soul Food et Imagine That) et Tucker Smallwood (acteurs aux dizaines de rôles, dont Cotton Club et Black Dynamite). L'équipe chargée des cascades est dirigé par Tierre Turner (qui débuta comme très jeune acteur dans les classiques blax Cornbread, Earl and Me, Bucktown et Friday Foster).

mardi 29 novembre 2011

All About the Benjamins

Réuni pour la première fois dans Next Friday, Ice Cube et Mike Epps co-produisent ce film d'action comique titré Chasseurs de primes en Français...

ALL ABOUT THE BENJAMINS
Kevin Bray (2002)


Bucum (Ice Cube) est un chasseur de prime du genre bourrin qui ne s'embarrasse pas de la finesse pour mettre la main sur un fugitif ; il rêve d'amasser assez d'argent pour se mettre à son compte.
Reggie (Mike Epps) est une petite frappe visiblement malchanceux. Déjà arrêté deux fois par Bucum, il se réfugie dans une camionnette pour lui échapper. Mais le véhicule démarre, conduit par un trafiquant de diamants : Julian Ramose (Roger Guenveur Smith).
Bucum et Reggie, flanqué de sa petite amie Gina (Eva Mendes), se trouvent donc de prêt ou de loin lier à ce trafic et vont unir leur force pour des raisons bien différentes...
Le budget de 14 millions de dollars est serré (englouti probablement dans le cachet des trois acteurs principaux) ; le succès au box office est réel -avec plus de 25 millions de bénéfices- mais le résultat n'en reste pas moins boîteux et peine à convaincre... Il n'a pas bénéficié de sortie française et paraît aujourd'hui bien vieilli et oublié des filmographies d'Ice Cube ou de Mike Epps.
Ice Cube produit, écrit et joue tandis qu'il confie la réalisation à Kevin Bray (son réalisateur de deuxième équipe sur Friday After Next). Il s'entoure d'ailleurs de plusieurs techniciens avec qui il a déjà travailler sur de précédents projets, dont le compositeur John Murphy (Friday After Next, The Man, Guess Who, The Janky Promoters).
Ces mélanges de comédie et d'action sont rarement des réussites, celui-ci ne déroge pas à la règle même si l'on arrive pas au plus mauvais niveau comme National Security avec Martin Lawrence. Toujours est-il qu'il n'y a rien de bien original : un duo que tout sépare, une jolie fille (Eva Mendes), quelques méchants, des explosions, des fusillades et des courses-poursuites !
Petit clin d'oeil sympa toutefois : le fugitif sudiste, arrêté par Bucum lors de la scène d'introduction, regarde le "banned cartoon" All This and Rabbit Stew avec Bugs Bunny.

Ice Cube s'offre un rôle musclé, je le trouve plus à son aise en trentenaire cool mais sérieux comme dans Barbershop ou First Sunday. Son partenaire Mike Epps s'impose peu à peu dans ce genre de comédie, mais -peut-être ai-je un problème ?!?- il n'arrive que très rarement à me faire rire ; et c'est bien le cas dans ce film (contrairement au très bon Next Day Air).
Seule la trop courte performance de Roger Guenveur Smith en méchant allumé pimente ce film ultra-conventionnel. Signalons aussi la première (brève) apparition pour du jeune rappeur Lil Bow Wow.