dimanche 10 juin 2012

Comédies françaises "noires"

La France est toujours décalée par rapport aux Etats-Unis. Lorsqu'il s'agit du système de santé ou de la "guerre contre le terrorisme", c'est toujours bon à prendre... mais pour ce qui est de la représentations des "minorités visibles", il faut bien avouer que les productions hexagonales affichent un retard considérable !

Les Noirs et Arabes de France et les Afro-Américains n'ont certes pas des parcours similaires, liés à l'histoire coloniale pour les et à l'esclavage pour les autres. Le racisme s'y décline donc de manières différentes, de même que les résistances, les combats pour l'égalité et l'expression des cultures "minoritaires".
D'un point de vue audio-visuel, les Afro-Américains ont réussi à imposer leur présence à l'écran, la diversité des rôles et des histoires et une autre "normalisation" que la culture WASP ; ils ont créés et/ou trouvés des débouchés à leurs productions, en direction de leur communauté pour certaines, à vocation plus universaliste pour d'autres. Mais toujours est-il que chaque genre cinématographique est investi par les Afro-Américains, et à tous les niveaux de la production.

En France, les Noirs (et les Arabes) sont cantonnés aux seconds rôles, aux flics débonnaires ou aux "racailles" plus ou moins sympathiques. Aucune actrice ou aucun acteur noir n'arrivent à la renommée d'un Depardieu ou d'une Deneuve... et le César de Omar Sy, pour intéressant qu'il soit, n'est que l'arbre qui cache la forêt.
Quand les films urbains étaient en vogue outre-Atlantique, on a eu droit en France à des équivalents comme La Haine, Ma 6-T va crack-er ou Raï. Mais le phénomène est resté très limité et étrangement déconnecté des réalités des quartiers populaires.
Même du coté des comédies, la place est dure à prendre pour des réalisateurs noirs qui souhaitent éviter les clichés et proposer une autre vision. Quatre titres sortent du lot : Antilles sur Seine, une comédie géniale mais sous-estimée de Pascal Légitimus en 2000. Case Départ, une comédie décalée sur l'esclavage signée des amuseurs Thomas Ngijol et Fabrice Eboué. Quant à Lucien Jean-Baptiste, il semble s'imposer tranquillement avec deux films en quelques années : La première étoile et 30° Couleur.


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