vendredi 21 octobre 2011

Half Baked

Grace à un humour décalé mais pas lourd, Les fumistes parvient à faire rire et offre à Dave Chappelle un cour de récréation sur grand écran...

HALF BAKED - Tamra Davis (1998)



Thurgood Jenkins (Dave Chappelle) est un gros fumeur de joints ; il vit en colloc' avec ses potes d'enfances eux aussi accros à la weed : Brian, Scarface et Kenny (Jim Breuer, Guillermo Díaz & Harland Williams). Ce dernier se retrouve en prison pour avoir tuer un cheval de la police monté : il lui donne du popcorn alors que celui-ci est diabétique.
Concierge dans un laboratoire, Thurgood découvre que les scientifiques travaillent sur les effets médicaux de la marijuana. Il trouve un moyen de s'en procurer et se lance avec ses potes dans la revente, avec l'objectif de payer la caution de Kenny. Leur succès est immédiat !
Mais Thurgood a deux problèmes : d'abord sa nouvelle petite amie, Mary Jane (Rachel True), qui ne supporte pas la moindre drogue. Mais son plus gros soucis est la guerre que lui déclare le gros dealer : Samson Simpson (Clarence Williams III)...
Réalisé par Tamra Davis (CB4) pour un budget modique de 8 millions de dollars, cette comédie devient culte, en tout cas aux USA. Dave Chappelle en est le co-scénariste ; il déplore par ailleurs le résultat final, trop proche d'une comédie pour ados (la version DVD propose d'ailleurs une fin alternative un peu moins "morale" que la version cinéma). Pour autant, cette comédie atteint son objectif : faire rire ! Elle ne tombe jamais dans le mauvais goût, ni même la glorification de la défonce (un peu à l'opposé du cataclysmique How High).

Le casting est multiracial, mais le ressort en est assez inédit : les accolytes du héros afro-américain sont des Blancs, et ce sont surtout de fieffés débiles (hilarants par ailleurs) alors que le personnage incarné par Dave Chappelle garde un toujours un coté "normal". Sa prestation est d'ailleurs sans accro ; il irradie par son comique communicatif et en fait juste assez pour être hilarant sans tomber dans l'excès.

Les seconds rôles afro-américains sont assez peu fréquents sur les écrans : Rachel True (CB4), Jenni Burke (Blues Brothers 2000 et Undercover Brother) et David Edwards (House Party 3).
Clarence Williams III et Tracy Morgan -plus connus- apparaissent plutôt comme des guests, aux cotés d'autres personnalités médiatiques tels Snoop Doggy Dogg, Jon Stewart et Stephen Baldwin.Lien

mercredi 19 octobre 2011

How To Be A Player

Archétype des comédies lourdingues et misogynes, à forte influence hip-hop, qui clôturent la décennie 90...

HOW TO BE A PLAYER - Lionel C. Martin (1997)



"Dray" (Bill Bellamy) n'a qu'un but : multiplier les aventures avec les maximum de femmes. Tout en s'adonnant à son hobby favori, il tente de garder le secret de ses conquêtes auprés de Lisa (Lark Voorhies), sa petite amie officielle.
Mais, sa sœur Jenny flanquée de sa copine Katrina (Natalie Desselle & Mari Morrow), une étudiante en anthropologie qui le prend comme un sujet d'étude, décident de le piéger en organisant à son insu une fête où sont présentes toutes ses maîtresses...
En vogue en cette fin des 90s, How To Be A Player atteint les sommets de la vulgarité pour une comédie "sentimentale". C'est une production Def Jam, la célèbre et sulfureuse maison de production hip hop de Russell Simmons. Contribuent aussi à la production Stan Lathan le réalisateur d'Amazing Grace (un des plus mauvais films blax) et Preston L. Holmes -dont la présence est plus étonnante puisqu'il participent d'habitude aux bons projets de Mario Van Peebles.
Le jeu des acteurs est ultra-faible, la réalisation est pauvre et le scénario sans grand intérêt. L' "humour" ne semble là que pour s'intercaler entre des scènes hot racoleuses. Pour un fois le public ne s'y trompe pas (le film n'atteint même pas 1,5 millions au box-office). Le sauvetage financier viendra du succès de la BO et du titre éponyme interprété par la rappeuse Foxy Brown.

C'est la première et la seule tête d'affiche pour Bill Bellamy (Who's the Man ?, Fled, The Brothers et Lottery Ticket), ce qui n'est pas étonnant vu sa petite prestation. Natalie Desselle, qui la même année joue le même genre personnage dans B*A*P*S, ne semble pas croire à ce qu'elle fait. Quant aux autres actrices elles ne sont choisies que pour leurs plastiques indéniablement parfaites : se succèdent donc plus ou moins vêtues Mari Morrow, Lark Voorhies, Jazsmin Lewis, Gillian Iliana Waters, Stacii Jae Johnson, Natashia Williams, Licia L. Shearer.
Apparaissent aussi A.J. Johnson, Bernie Mac, Bebe Drake, J. Anthony Brown (Drumline, Mr. 3000, xXx²: The Next Level, Madea Goes to Jail) et pour la première fois les frères Miwon : Jamal et Jerod. La seule vraie surprise : Max Julien, le mythique Goldie dans The Mack (on peut tout de même regretter que son unique retour à l'écran dans les trente dernières années se fasse là).

vendredi 14 octobre 2011

Good Hair

Chris Rock laisse momentanément de coté sa série Everybody Hates Chris, ses films et autres shows pour produire et présenter ce documentaire plutôt inédit sur les cheveux afros.

GOOD HAIR - Jeff Stilson (2009)



Le projet est assez ambitieux, et touche à différents domaines : esthétique, culture, politique et économie.
Chris Rock introduit le sujet par une question de sa fille "Papa, pourquoi je n'ai pas de beaux cheveux ?" Et plusieurs actrices font ce constat d'un violence symbolique forte que résume Melyssa Ford sur ce qu'elle pensait dans son enfance : "les beaux cheveux étaient ceux des Blancs". Tout en posant ce lourd constat, Rock l'évacue rapidement pour s'intéresser aux techniques et produits pour changer ses cheveux. Et il explore les techniques (lissage, tissage...) et les filières industrielles internationales, interroge des femmes anonymes et des stars, met en avant les dangers sanitaires de certaines pratiques...
En parallèle, il suit les préparatifs d'un concours national où des coiffeurs s'affrontent dans sur un ring dans un show digne des spectacles de catch...
Cet incursion documentaire est plutôt réussie, et connait un relatif succès de diffusion. On suis sans ennui les 95 minutes du programme, grace à une alternance bienvenue entre témoignages de stars, archives, visite d'usines ou laboratoire, reportage sur le vif dans les salons et barbershops... Les passages autour du concours sont à mon goût trop longs, mais dans l'ensemble le documentaire se laisse regarder avec intérêt. Produit par Nelson George (Strictly Business et CBLien4) et Chris Rock, c'est ce dernier qui fait la narration. Il s'adjoint les services du compositeur Marcus Miller (dont la filmographie parle pour lui : House Party, Boomerang, Above the Rim, A Low Down Dirty Shame, The Great White Hype, The Sixth Man, The Ladies Man, The Brothers, Two Can Play That Game, Deliver Us from Eva, Head of State, I Think I Love My Wife, This Christmas...).

Le documentaire a été critiqué pour ne pas être assez politique et ne pas se centrer sur les causes qui poussent les femmes afro-américaines à se conformer à une certaine vision de la beauté.
Tout en décortiquant chaque aspect, il n'est pas faux que Rock s'arrête souvent au milieu de l'explication. Ces critiques sont donc recevables, mais pas rédhibitoires. Car le documentaire n'est pas mauvais pour ce qu'il ne traite pas ; c'est bien ce qu'il montre qui est pertinent et relativement rare (d'autant plus par la notoriété de Rock et des autres protagonistes). Il ne recherche pas les causes de ce phénomène, mais plutôt aux stratégies individuelles pour s'y adapter, aux excès et aux dangers, et à la mane financière que représentent le marché capillaire afro-américain.
Il pointe différents problèmes : les risques pour la peau des lotions de défrisage, le quasi-monopole des sociétés blanches sur le commerce des soins capillaires afros, la mondialisation du phénomène et le "pillage" des cheveux d'Inde...

Des dizaines d'anonymes apparaissent. Plusieurs personnalités donnent leurs avis et témoignages personnels : les actrices Salli Richardson-Whitfield, Nia Long, Eve, Kerry Washington, Raven-Symoné, Meagan Good, Tracie Thoms, Melyssa Ford, Vanessa Bell Calloway, Sarah Jones... la rappeuse Sandra Denton et son accolyte Cheryl James (de Salt-N-Pepa) et leurs alter ego masculins : Ice T, KRS-One et T-Pain.

Des professionnels apportent leur expertise et ouvrent les portes de leurs usines et de leurs salons. Tandis que la poétesse Maya Angelou et le révérend Al Sharpton apportent une réflexion plus politique ; ce dernier propose d'ailleurs une conclusion tenant compte du problème général et des réponses individuelles : "Une fois qu'on a réalisé et identifié qui nous étions, alors ça devient personnel. Je suis donc libre d'être qui je veux quoi qu'il arrive. Donc pour moi mes cheveux défrisés sont aussi africains qu'un afro, parce que tout ça vient de la culture noire."

mardi 11 octobre 2011

4 Little Girls

A partir de 1997, en parallèle de ses films, Spike Lee commence à réaliser des documentaires. Il concrétise ainsi un vieux projet datant de ses études en cinéma : faire un film sur l'attentat de Birmingham en 1963. Dix ans plus tard, Spike Lee a acquis une certaine renommée, et le projet aboutit alors sous la forme de ce documentaire, produit par 40 Acres And A Mule Filmworks, sa boîte de production, et la chaîne HBO.

4 LITTLE GIRLS - Spike Lee (1997)


Birmingham, en Alabama, est l'exemple type de la ségrégation et de la vie des Noirs dans cette ville du Sud où se côtoie le racisme ordinaire quotidien et les attentats visant la communauté afro-américaine.
Dans ce contexte le SCLC et le CORE appellent à des campagnes pour l'inscription sur les listes électorales ou encore contre la ségrégation dans les établissements scolaires de Birmingham. L'église de la 16ème rue est un point de ralliementt pour les jeunes manifestants, les fidèles baptistes et les militants pour les Droits Civiques.
Le 15 septembre, à 10h22, une bombe explose et Birmingham, Alabama, et tue quatre petites filles de 11 à 14 ans : Denise McNair, Carole Robertson, Cynthia Wesley et Addie Mae Collins.
Les vingt dernières minutes sont consacrés au procès du principal accusé "Dynamite Bob" Chambliss, tandis qu'en conclusion certains rappellent que 22 églises noires ont été incendiées dans le Sud en 1994.

Spike Lee alterne les témoignages des familles, personnalités et images d'archives : on croise aussi bien Bill Cosby et Ossie Davis que Martin Luther King ou Jesse Jackson. Il revient sur des évènements marquants comme le lynchage à coup de chaînes du pasteur baptise de la ville, Fred Shuttleswoth, la manifestation et la grève des écoliers, les boycotts...

Spike réussit le tour de force d'interviewer des hommes politiques et responsables institutionnels de l'époque, dont certains n’atténuent leur racisme encore vivace que parce qu'ils connaissent l'impact des caméras. A l'image de George Wallace, le Gouverneur d'Alabama haranguant les foules au son de "Segregation now, segregation tomorrow and segregation for ever !" (et dont la photo ci-dessous montre qu'il n'a pas renoncer au decorum sudiste) et du commissaire Eugene "Bull" Connor qui dirigeait la police de Birmingham et réprimait férocement les manifestations pour les Droits Civiques, tout en laissant des civils Blancs lyncher les Afro-Américains.
La très belle chanson Birmingham Sunday, interpétée par Joan Baez, ouvre ce docu. Le propos est pédagogique, mesuré et partisan ; mais il souffre par moment d'un rythme trop lent, essentiellement du à l'indécision de Spike Lee de traiter des quatre petites filles et leur famille sur un plan personnel et empathique et la volonté d'offrir un propos politique global.

On retrouve Sam Pollard, le complice de Spike Lee, qui assure comme toujours le montage et co-produit ce documentaire.



vendredi 7 octobre 2011

Les verts pâturages

Pièce de théâtre dans les années 30, adaptée au cinéma en 1936 et en cartoon (Clean Pastures) l'année suivante, The Green Pastures a droit à une déclinaison télévisée. Rien de très étonnant, mis à part que c'est une adaptation française...

LES VERTS PATURAGES -
Jean-Christophe Averty (1964)




Dans une école de Louisiane, le pasteur Deeshee (Robert Liensol) raconte à ses jeunes ouailles l'Ancien Testament. Les enfants se prennent à rêver des grands épisodes bibliques où les protagonistes sont Noirs : Dieu -assisté de l'Ange Gabriel (Med Hondo)- créant la Terre sous les yeux ébahis de ses chérubins, Adam et Ève succombant à la tentation, Noé (Théo Légitimus) affrontant le Déluge à bord de son Arche, la fuite des Hébreux dirigés par Moïse (Ibrahim Seck) hors d'Egypte...
Imaginez un soir de Noël où la télévision française propose un divertissement intelligent est déjà une gageure. Que ce divertissement soit interprété exclusivement par des Noirs commence à relever de la science-fiction. Quand ceux-ci déclinent les personnages de la Bible dans une version "noire", on frôle la révolution. Cette révolution a eu lieu le 24 Décembre 1964, en prime-time sur la RTF. Elle fut malheureusement tuée dans l’œuf par des critiques impitoyables usant de mauvaise foi, hurlant au blasphème et critiquant ouvertement l'arrivée des "bougnoules" à une heure familiale.
Cette œuvre insolite ne sera jamais rediffusée par les frileux programmateurs (pas même -à ce jour- sur RFO). C'est grâce à l'INA que l'on peut redécouvrir ce petit bijoux ; je ne saurais trop vous conseiller de l'acheter (ici), il est à un prix très abordable.

Le programme alterne tableaux -souvent comiques- à la mise en scène théâtrale, chorégraphies sur fond de gospel, et moment plus cinématographiques de facture classique (et même une courte et improbable partie documentaire).
Les effets spéciaux contribuaient par leur modernité au succès de l’œuvre originale ; ils sont ici remplacés par des décors en 2D dessinés et des trucages électroniques innovants qui rendent l’œuvre inédite d'un point de vue graphique.
Le propos est faussement naïf, et Jean-Christophe Averty réussit à merveille son pari d'adaptation, dépassant largement The Green Pastures. (mais la comparaison n'est pas forcément bienvenue tant leur ambition respective est différente).

La bande-son reprend les grands spiritual (Ol' Black Joe, When the Saints Go Marching In, Go Down, Moses, Go Tell It On The Mountain...) dans une interprétation réussie ; ils sont accompagnées de moments chorégraphiés avec maestria par Dirk Sanders.

Au niveau des acteurs, il y a le tout jeune Med Hondo dont on connaît en France la voix : il a doublé Eddie Murphy dans la plupart de ses VF. Beaucoup de membres la famille de Pascal Légitimus sont présents : sa grand-mère Darling, son oncle Gésip et surtout son père, Théo Légitimus qui incarne un Noé légèrement porté sur la bouteille.
Robert Liensol, Med Hondo et Théo Légitimus ont fait leurs classes ensemble, dans des pièces de théâtre ou Soleil Ô. Hondo et Légitimus se retrouvent dans Antilles sur Seine, comédie étonnante de Pascal Légitimus.
Citons encore la vedette ivoirienne Léonard Groguhet, Ibrahim Seck, Antoine Nisas (qui deviendra un couturier martiniquais de renommée internationale), le danseur René Deshauteurs et Maddly Bamy -une actrice jouant des seconds rôles auprès de Romy Schneider, Alain Delon ou Mireille Darc, elle est aussi une des "Claudettes" et, coté coeur, elle est connu comme la dernière compagne de Brel.
Averty leur propose dans ce film des rôles bien loin des domestiques, soubrettes et faire-valoir que le la télé et le cinéma français consentait à leur proposer...

mercredi 5 octobre 2011

CB4

Avec CB4, Chris Rock fait une entrée remarquée comme tête d'affiche...

CB4 - Tamra Davis (1993)



Albert (Chris Rock) est un jeune, issu la classe moyenne qui aspire à devenir un rappeur connu. Il rêve de jouer dans le club d'un gangster, Gusto (Charles Q. Murphy). Mais celui-ci se fait cueillir par les flics.
Albert a l'idée de "piquer" la vie de Gusto pour se faire une street credibility. Avec ses amis Otis et Euripides (Deezer D & Allen Payne), ils forment un groupe gangsta rap nommé CB4 (pour Cell Block 4 où le vrai Gusto est incarcéré).
Le groupe cartonne sur les ondes, se la pète dans des clips violents et séduisent des bitches... pendant ce temps, dans sa cellule Gusto jure de se venger.
C'est un projet d'importance dans la carrière de Chris Rock : d'une part c'est sa première tête d'affiche (il avait joué jusqu'alors de petits rôles dans Le flic de Beverly Hills II, I'm Gonna Git You Sucka, New Jack City, Hangin' with the Homeboys et Boomerang), mais c'est surtout sa première (co)production et son premier scénario, avec la complicité de Nelson George (qui avait signé le sympathique Strictly Business) et la réalisatrice Tamra Davis (Half Baked). Et l'essai est plutôt concluant ! En tant qu'acteur mais surtout comme artisan du projet qui s'avère une comédie bien sentie sur le gangsta rap et ses excès. Sans se prendre la tête, avec un empathie certaine pour le milieu hip hop qu'il caricature, Chris Rock démonte le rap business et son cortège de misogynie, de glorification de la violence et de la défonce...

Le casting est plutôt bien fait, sans toutefois aligner de grandes stars (même en devenir). Aux cotés de Chris Rock, on trouve Allen Payne et Deezer D un rappeur chrétien qui joue dans quelques films des 90s comme Cool as Ice, Fear of a Black Hat, The Great White Hype, Bones et Bringing Down the House. Charles Q. Murphy (le frère de) est de la partie, tout comme Khandi Alexander, Art Evans, Lance Crouther (premier rôle de Pootie Tang), Theresa Randle, Willard E. Pugh (Harpo dans The Color Purple), LaWanda Page, Richard Gant et Kenneth Menard (qui joue dans des films réalisés par Sidney Poitier : Buck and the Preacher et Stir Crazy).
Des vedettes font les louanges du groupe CB4 : l'actrice Halle Berry, le basketteur Shaquille O'Neal et les rappeurs Ice-T, Flavor Flav, Eazy-E ou Ice Cube.
Bob Minor dirige l'équipe des cascadeurs, parmi lesquels Melvin Jones qui débute dans Cleopatra Jones comme cascadeur et dans Sheba Baby comme acteur.

dimanche 2 octobre 2011

White Men Can't Jump

Incontournable succès, Les blancs ne savent pas sauter se place dans la veine du nouveau cinéma noir (bien que réalisé par un Blanc)...

WHITE MEN CAN'T JUMP - Ron Shelton (1992)



Billy Hoyle (Woody Harrelson) est un talentueux basketteur, doublé d'un filou : posté aux abords des terrains, il passe auprès des joueurs afro-américains pour un benêt incapable, et une fois les paris lancés, il les pulvérise et empoche les mises.
C'est comme ça qu'il se rencontre Sidney Deane (Wesley Snipes), qu'il ridiculise à deux reprises devant ses potes. Mais Sidney, pas rancunier, voit surtout l'intérêt de s'associer à Billy pour se faire un max d'argent ! L'arnaque : Sidney s'embrouille avec des joueurs, les provoque et parie qu'il les gagnera, leur offrant même le choix de son coéquipier. Ils choisissent invariablement le blanc-bec du bord du terrain : Billy.
Sa copine, Gloria (Rosie Perez) s'entraîne pour particper à Jeopardy, et Billy investit leurs économies dans ses combines jusqu'à ce que Sideny le roule...

Dès sa sortie, le film cartonne et connaît même un succès international. Le budget de production est modique, et le film rapporte plus de 90 millions de dollars. Ce n'est pas vraiment une comédie, plutôt une chronique sociale emplie d'humour. La réalisation de Ron Shelton n'a rien d'extraodinaire, mais il sait pourtant mettre en image son histoire, avec du rythme, de l'humour et des scènes de streetball réussie (malgré la méconnaissance du jeu pour les deux acteurs principaux) ; Shelton signe plus tard les scénarios de The Great White Hype et Bad Boyz II.
Le basket n'est que le décor de l'histoire qui se concentre sur des personnages humains, une histoire d'amitié assez banale entre deux hommes que tout semble différencier... L'humour est diffus, léger, jouant de l'opposition Wesley Snipes/Woody Harrelson et de leurs faiblesses. Les dialogues sont souvent savoureux, à l'image du débat sur Jimmy Hendrix.

Une histoire de solidarité donc, sans pour autant verser dans une mièvrerie malvenue sur la coexistence entre Noirs et Blancs.
Enfin la place des femmes -qui laisse souvent à désirer dans les films de cette époque- est assez intéressante : elles prennent les choses en main, devant les gamineries de leurs mecs respectifs, et le personnage de Gloria, plus développé, est extrêmement cultivé (une qualité rarement mise en avant).

Le duo entre Wesley Snipes et Woody Harrelson fonctionne donc à merveille et reprendra du service trois ans plus tard dans Money Train. Découverte dans Do the Right Thing, Rosie Perez est pétillante, sexy et explosive. Les seconds rôles réapparaissent dans les films de l'époque : Tyra Ferrell, Kadeem Hardison, Duane Martin, Bill Henderson, Kevin Benton, Reynaldo Rey, Louis Price...
L'équipe technique est assez proche de celle d'un film réalisé par un Afro-Américain : Francine Jamison-Tanchuck est aux costumres, Victoria Thomas et Jeanne McCarthy au casting, tandis Julius LeFlore coordonne les cascades.