mardi 13 octobre 2009

He Got Game

Lee surfe sur la surexpostion mondiale du basketball et comme beaucoup d'autres (on pense à Space Jam ou The Sixth Man) se plie à la mode. Le résultat est magistral...

HE GOT GAME - Spike Lee (1998)

Jake Shuttlesworth (Denzel Washington) est en prison pour meurtre... Mais le directeur, sous les ordres du gouverneur, lui offre un permission d'une semaine avec à la clé une libération totale. Sa mission : convaincre son fils Jesus (Ray Allen), un basketteur prometteur, de rejoindre la Big State University et d'y intégrer l'équipe de basket.
Y arriver confine au miracle. D'une part parce que le jeune prodige des parquets est courtisé par tous les coachs du pays, "conseillé" par sa petite amie Lala, son oncle Bubba, son pote Big Time Willie (Rosario Dawson, Bill Nunn & Roger Smith Guenveur)... Tous les procédés sont bons pour recruter Jesus !
D'autre part Jake était en prison pour le meurtre de sa femme, la mère de Jesus...
6 ans après Malcolm X, Spike Lee et Denzel Washington se retrouvent pour un drame social avec en toile de fond le trouble milieu du baskettball universitaire. Le sujet semble moins percutant que la biographie du leader assassiné, pourtant le réalisateur new-yorkais livre un film presque parfait (s'il n'y avait pas quelques longueurs) et Denzel Washington est tout simplement brillant

Lee mutiplie les segments, alterne les ambiances et les contrastes comme le présent et les flash-back, il enrobe ses personnages de ses travelling si personnels et fait la part belle aux dialogues. La mise en scène est splendide, le montage parfait, la direction d'acteurs est au niveau. Pour preuve la performance de Ray Allen, jeune basketteur des Bucks de Milwaukee choisi par Lee en personne ; ce dernier mise beaucoup sur le réalisme et tient absolument à décrocher un joueur en activité pour tenir le rôle de Jesus et, après de nombreuses auditions, il insiste pour faire des essais avec Ray Allen.

He Got Game est un drame, un film sombre qui dresse un tableau bien négatifs des rapports humains et de la cupidité.
Comme d'habitude, en tout cas dans les meilleurs films du maître Lee, il y a peu de personnages "bons" ; tous sont traversés d'envies, de névroses, d'égoïsme comme d'altruisme... Toutes et tous essaient ici d'influencer le jeune Jesus selon les bénéfices qu'ils espèrent en tirer. Et s'il ne prend pas position, comme à son habitude, pour un de ses caractères Spike Lee dresse un tableau sans concession sportif et si dénonciation il y a, elle est systémique.
Encore une fois, il est presque risible de voir, dans les commentaires sur diverses plate-formes, comme certains ne voient Spike Lee que sous la lorgnette ethnique, et arrivent à trouver des passages racistes dans chacun de ses films. A l'opposé de ces faux procès improbables, He Got a Game compte parmi ses meilleurs projets.
Spike Lee décroche des caméos de Michael Jordan, Scottie Pippen, Shaquille O'Neal et d'autres moins connu.

Il s'appuie toujours sur sa garde rapprochée : pour ce qui de la partie technique et artistique on retrouve le directeur artistique Wynn Thomas, le monteur Barry Alexander Brown, les chefs opératrice Ellen Kuras et Malik Hassan Sayeed, la directrice de casting Aisha Coley...
Pour la distribution, si le casting s'étoffe de la présence de Milla Jovovich et Rosario Dawson, on retrouve toujours la bande chère à Spike Lee : Thomas Jefferson Byrd, John Turturro, Roger Guenveur Smith, Bill Nunn, Lonette McKee, la petite Zelda Harris, Joseph Lyle Taylor, Hill Harper, Arthur J. Nascarella...

lundi 12 octobre 2009

School Daze

Deuxième film pour Spike Lee, et nouveau succès. Le jeune réalisateur pioche de-ci de-là : film humoristique, comédie musicale, teen movie, drame...

SCHOOL DAZE - Spike Lee (1988)



Vaughn "Dap" Dunlap (Laurence Fishburne) organise des manifs pour demander le retrait de fonds d'Afrique du Sud au Mission College, son unviersité. Mais il n'y a pas que des activistes à Mission, il y a aussi les fraternités et en particulier les Gamma Phi Gamma et leur pendant féminin, les Rayons Gamma, dirigés respectivement par Julian Eaves et Jane Toussaint (Giancarlo Esposito & Tisha Campbell). Les militants, à la peau plus foncée, les surnomment les "wannabes", et sont traités en retour de "jigaboos".
Mais pour corser le tout, la petite amie de Dap, Rachel (Kyme), veut intégrer une fraternité féminine et son cousin Half-Pint (Spike Lee) ses ennemis jurés des G-Phi-G. Et les revendications et les manifs commencent à inquiéter l'administration...
Le scénario est issu de l'expérience personnelle de Lee, lorsqu'il étudiait au mythique Morehouse College d'Atlanta. A la sortie du film, de nombreux directeurs d'universités noires se sont indignés de l'image véhiculée par le film. Et il faut dire que le tableau présenté est peu reluisant, en particulier en ce qui concerne les fraternités "grecques" présentées sous un angle bien peu engageant.
Les rapports de classe et de sexe sont détricotés selon le prisme racial, et en particulier le degré de pigmentation des étudiants. Plus qu'il ne dénonce, Spike Lee fait un état de la situation ; rien n'est facile et manichéen. Lorsque le propos se fait sérieux, Lee n'impose pas un point de vue, il en propose plusieurs. Bien sûr, comme dans Do the Right Thing, il montre sa préférence (incarnée dans le personnage de Laurence Fishburne et non lui-même, plus sujet à controverses), mais tout en laissant le spectateur faire son choix, en respectant par sa réalisation chacun de ses acteurs.

La réalisation justement est sublime. Tout semble millimétré, les ambiances différentes pour chaque saynète, les scènes de sexe sont suggestives, certaines à la limite du burlesque, celles de comédie musicale sont particulièrement réussies (à l'image de celle que je ne résiste pas à vous faire partager ci-dessous). Lee réussit même la performance d'une séquence de football sans jamais filmer le jeu lui-même. Bref, on sent poindre dans ce film les talents de mise en scène du "Woody Allen noir".
En plus, le tournage épique. Lee a fait installé les deux équipes dans des hotels différents : ceux qui incarnaient les "wannabes" avaient droits aux meilleures places et traitements, à l'inverse des "jigaboos". Le résultat renforce le réalisme : lors d'une scène, une bagarre éclate réellement entre les deux équipes et Lee laisse tourner les caméras...

Spike Lee met peu à peu en place son réseau d'acteurs et de techniciens : Bill Nunn, Samuel L. Jackson, Roger Guenveur Smith, Giancarlo Esposito, sa soeur Joie Lee et son frère Cinqué, Ossie Davis, Art Evans, Tyra Ferrell, les producteurs Monty Ross et Loretha C. Jones, Le chef opérateur Ernest Roscoe Dickerson, la directrice de casting Robi Reed, la costumière Ruth E. Carter, le monteur Barry Alexander Brown, le directeur artistique Wynn Thomas...
Niveau casting, il faut encore citer Kadeem Hardison, Kasi Lemmons qui deviendra réalisatrice entre des excellents Eve's Bayou et Talk To Me, la ravissante Tisha Campbell qui s'imposera dans de nombreuses productions afro-américaines, Joe Seneca, Alva Rogers et bien sûr l'acteur principal Laurence Fishburne qui débuta en 1975 dans Cornbread, Earl and Me, est aujourd'hui un acteur incontournable et reconnu pour ses rôles d'Ike Turner dans Tina, du père protecteur dans Boyz N the Hood, du gangster mythique Bumpy Johnson dans Hoodlum et de Morpheus dans la trilogie Matrix.


dimanche 11 octobre 2009

School Daze

Deuxième film pour Spike Lee, et nouveau succès. Le jeune réalisateur pioche de-ci de-là : film humoristique, comédie musicale, teen movie, drame...

SCHOOL DAZE - Spike Lee (1988)



Vaughn "Dap" Dunlap (Laurence Fishburne) organise des manifs pour demander le retrait de fonds d'Afrique du Sud au Mission College, son unviersité. Mais il n'y a pas que des activistes à Mission, il y a aussi les fraternités et en particulier les Gamma Phi Gamma et leur pendant féminin, les Rayons Gamma, dirigés respectivement par Julian Eaves et Jane Toussaint (Giancarlo Esposito & Tisha Campbell). Les militants, à la peau plus foncée, les surnomment les "wannabes", et sont traités en retour de "jigaboos".
Mais pour corser le tout, la petite amie de Dap, Rachel (Kyme), veut intégrer une fraternité féminine et son cousin Half-Pint (Spike Lee) ses ennemis jurés des G-Phi-G. Et les revendications et les manifs commencent à inquiéter l'administration...

Le scénario est issu de l'expérience personnelle de Lee, lorsqu'il étudiait au mythique Morehouse College d'Atlanta. A la sortie du film, de nombreux directeurs d'universités noires se sont indignés de l'image véhiculée par le film. Et il faut dire que le tableau présenté est peu reluisant, en particulier en ce qui concerne les fraternités "grecques" présentées sous un angle bien peu engageant.
Les rapports de classe et de sexe sont détricotés selon le prisme racial, et en particulier le degré de pigmentation des étudiants. Plus qu'il ne dénonce, Spike Lee fait un état de la situation ; rien n'est facile et manichéen. Lorsque le propos se fait sérieux, Lee n'impose pas un point de vue, il en propose plusieurs. Bien sûr, comme dans Do the Right Thing, il montre sa préférence (incarnée dans le personnage de Laurence Fishburne et non lui-même, plus sujet à controverses), mais tout en laissant le spectateur faire son choix, en respectant par sa réalisation chacun de ses acteurs.

La réalisation justement est sublime. Tout semble millimétré, les ambiances différentes pour chaque saynète, les scènes de sexe sont suggestives, certaines à la limite du burlesque, celles de comédie musicale sont particulièrement réussies (à l'image de celle que je ne résiste pas à vous faire partager ci-dessous). Lee réussit même la performance d'une séquence de football sans jamais filmer le jeu lui-même. Bref, on sent poindre dans ce film les talents de mise en scène du "Woody Allen noir".
En plus, le tournage épique. Lee a fait installé les deux équipes dans des hotels différents : ceux qui incarnaient les "wannabes" avaient droits aux meilleures places et traitements, à l'inverse des "jigaboos". Le résultat renforce le réalisme : lors d'une scène, une bagarre éclate réellement entre les deux équipes et Lee laisse tourner les caméras...

Spike Lee met peu à peu en place son réseau d'acteurs et de techniciens : Bill Nunn, Samuel L. Jackson, Roger Guenveur Smith, Giancarlo Esposito, sa soeur Joie Lee et son frère Cinqué, Ossie Davis, Art Evans, Tyra Ferrell, les producteurs Monty Ross et Loretha C. Jones, Le chef opérateur Ernest Roscoe Dickerson, la directrice de casting Robi Reed, la costumière Ruth E. Carter, le monteur Barry Alexander Brown, le directeur artistique Wynn Thomas...
Niveau casting, il faut encore citer Kadeem Hardison, Kasi Lemmons qui deviendra réalisatrice entre des excellents Eve's Bayou et Talk To Me, la ravissante Tisha Campbell qui s'imposera dans de nombreuses productions afro-américaines, Joe Seneca, Alva Rogers et bien sûr l'acteur principal Laurence Fishburne qui débuta en 1975 dans Cornbread, Earl and Me, est aujourd'hui un acteur incontournable et reconnu pour ses rôles d'Ike Turner dans Tina, du père protecteur dans Boyz N the Hood, du gangster mythique Bumpy Johnson dans Hoodlum et de Morpheus dans la trilogie Matrix.


Do the Right Thing

Il y a 20 un gars invitait pour la première fois sa copine Michelle à ce film, il est depuis devenu président des Etats-Unis (et prix Nobel de la paix -sic !-). Nul doute que, même si les problèmes raciaux et sociaux demeurent, quelques pas ont été franchis...

DO THE RIGHT THING - Spike Lee (1989)



Il fait chaud à Bedford Stuyvesand, Brooklyn, NYC, très chaud. Mookie (Spike Lee) travaille pour Sal -qui aime le travail et sa pizzeria- et ses racistes de fils, Vito et Pino (Danny Aiello, Richard Edson & John Turturro).
Tout le monde se croise, souvent sans se voir : un vieux soûlaud mi-clochard mi-philosophe surnommé "Le Maire" (Ossie Davis), Smiley le simplet (Roger Guenveur Smith) qui vend des photos de Malcolm et de Luther King, Mother Sister (Ruby Dee), Radio Raheem (Bill Nunn) qui fait cracher du hip hop à fond de son poste stéréo, les Hispanos, les gamins qui ouvrent les bouches d'incendie pour se rafraîchir et la voix de l'animateur radio Mister Señor Love Daddy (Samuel L. Jackson)...
L'affaire se corse lorsque Buggin Out (Giancarlo Esposito) lance le boycott de la pizzeria de Sal pour l'absence d'Afro-Américains sur son mur remplie de photos. Et tout dérape définitivement quand Sal et ses fils s'embrouillent avec Radio Raheem.
Mookie a un choix à faire : "the right thing" !
A sa sortie, ce film sera dépeint comme un véritable brûlot, les bas-du-front y voient une incitation à la haine raciale et à l'émeute (les pires fantasmes circulent toujours à la sortie d'un film du maître Lee). Présenté à cannes, Wim Wenders -le président du jury cette année-là- s'opposa fermement à lui attribuer la palme. Spike Lee, aujourd'hui plus intégré au monde du cinéma, en a fêté en grande pompe les 20 ans l'été dernier ; et le film n'a pas pris une ride !

La chaleur étouffante est présente tout le film, les couleur sont poussées, rougies, Spike Lee nous fait partager la montée en tension de cette journée suffocante, rivalisant de trouvaille technique, de plans sublimes et d'un tournage in situ.
Le film pose un regard plein de contradictions et de finesse sur les problèmes raciaux aux Etats-Unis, loin du manichéisme que ses opposants prêtent à Spike Lee. Il n'y a pas de "bonne réponse", il n'y a pas une communauté plus légitime, moins raciste... Pour autant le film n'est pas neutre, bien au contraire, c'est une prise de position de Spike Lee/Mookie à laquelle on peut ou pas adhérer. Il nous laisse le choix, entre "Le Maire" et lui, entre Martin Luther et Malcolm. Et l'on aurait tord d'opposer réellement les deux choix, je pense que Spike Lee nous offre les deux alternatives non comme opposées mais bien comme complémentaires, comme les facettes d'un même combat (à l'image des bagues de Radio Raheem), et la "victoire" de l'une de ces alternatives comme temporaire et inévitable.

La petite famille est encore au rendez-vous avec un petit rôle pour sa sœur Joie Lee, et la bande-son confiée au paternel, Bill Lee ; les acteurs fétiches aussi : Roger Guenveur Smith, Bill Nunn, Giancarlo Esposito... de même que les gloires du cinéma afro-américain Paul Benjamin (qui a joué dans quelques films blax' de bonne facture : Across 110th Street, The Education Of Sonny Carson, Friday Foster...), "Le Maire" est joué par le grand acteur et réalisateur Ossie Davis et sa femme Ruby Dee incarne la vieille Mother Sister. A signaler aussi la présence de l'actrice, danseuse et chorégraphe (en particulier du show In Living Color) Rosie Perez, de Robin Harris (qui décède après son rôle de Pop dans House Party), ainsi que de Frankie Faison, Steve White, Leonard L. Thomas et des cascadeurs Eddy Smith -fondateur de la Black Stuntmen's Association- et David S. Lomax... le célèbre cascadeur afro-américain qui créa la .

samedi 10 octobre 2009

Donald Bogle

Dans ce post, les deux dernières partie du voyage de Ice T dans le soul cinema.

Et j'en profite pour faire un petit point sur ce grand historien du cinéma noir américain : Donald Bogle.

Il est l'auteur d'une étude magistrale sur l'histoire des films et des actrices et acteurs afro-américain : Tom, Coons, Mullattoes, Mammies and Bucks ; Bogle y expose sa théorie des 5 figures stéréotypées utilisées systématiquement par le cinéma hollywoodien l'Oncle Tom (respectueux du maître, voire heureux de son statut d'esclave ou de serviteur), le coon mangeur de pastèque, les yeux globuleux et la banjo comme greffé au corps (ce sont ces caricatures que l'on retrouve énormément dans les cartoons racistes de Tex Avery et de la Warner), la nounou grosse et criarde (immortalisée par Hattie Mac Danield dans Autant en Emporte le Vent -Hollywood ne s'y trompe pas et lui offre le premier oscar pour un Afro-Américain), la mulâtre avide de sexe et hésitante entre l'homme noire et l'homme blanc, et le black buck, le mâle noir violeur et violent. Ces 5 personnages sont présents dans Naissance d'une Nation, le film fondateur du style et du mode production hollywoodien.
Bogle recense quasiment tous les films, réalisateurs et acteurs. La Blaxploitation, et aujourd'hui les Spike Lee ou Van Peebles, ont eu tendance à jeter avec les stéréotypes négatifs, les acteurs qui les incarnait (ce que l'on peut comprendre) ; Donald Bogle au contraire les plébiscite pour avoir accompli un véritable travail d'acteur. Il rend de véritables hommages à tous ces actrices et acteurs qui ont dû surjouer, rouler des yeux, courber le dos et rentrer la tête dans leurs épaules, tous ces actrices et acteurs qui ont si bien investi les rôles que les Blancs exigeaient, si bien qu'ils ont créer -à leur corps défendant- des caricatures encore vivaces aujourd'hui.

Dans cette partie de Kiss my Baadasssss, Ice T s'intéresse à Superfly (et sa suite beaucoup moins réussie), nous montre une séquence haute en couleur deu documentaire musical Wattstax, et s'apesantit sur le premier slammeur de l'Histoire et ses films -mythiques autant qu'amateurs- j'ai nommé Monsieur "Dolemite" Rudy Ray Moore.

La dernière partie parle des deux égéries de la Blaxploitation, le match ultime entre Pam Grier et Tamara "Cleopatra" Dobson, de l'auteur de polar (entre autre Trick Baby, adapté sur grand écran en 1972) -et un peu aussi repris de justice et maquereau- Iceberg Slim, le film au mauvais goût Black Gestapo, le perché Top of the Heap..

Kiss My Baadasss !

Et si on reprenait depuis le début ?!?
La Blaxploitation, c'est quoi ? Rapidement d'abord, c'est la contraction des mot "black" et "exploitation" (terme qui désignait des films de série B -voire Z). Voilà grosso modo le concept posé.
En moins d'une décennie, près de 400 films vont voir le jour sur les grands écrans US. Allant d'excellents films à de véritables navets, ces productions relèvent de tous les genres : horreur, western, comédie, chronique sociale, drame, pornographique, dessin animé, super hero movie, brûlot militant, action, peplum, arts martiaux, Women In Prison, guerre...

Des acteurs et des films vont incarner plus que tout la Blaxploitation: Fred Williamson, Pam Grier (Régis Dubois fait une très bonne bio de l'égérie de la Blax' sur son blog) Jim Brown, Shaft et sa BO mythique (j'en ai déjà parler ici), Cleopatra Jones contre les trafiquants de drogue qui déciment le ghetto, Blacula et son vampire shakespirien,... Si les producteurs ont vite vu qu'un véritable marché avait été laissé en friche pendant un demi siècle, et se ruent sur ce phénomène, la philosophie générale de ce courant réside dans des personnages principaux afro-américains, des personnages qui "gagnent à la fin", qui défient le racisme et les insitutions, qui règlent les problèmes de la communauté (et qui, c'est vrai, peuvent être habillé en pimp, se trimballer des bitches et conduire des voitures de luxe).

Et quoi de mieux pour illustrer tout ça qu'une bonne vidéo ? Dans une émission télé de 94, le rappeur Ice T revient sur le phénomène (en anglais, mais on comprend assez bien) qui a imposé les Noirs dans le cinéma américain et influencé, on le voit dès les premières images, le hip hop américain dans ses extrêmes bling bling comme dans ses positions militantes... Il passe en revue quelques films majeurs, avec des témoignages de Melvin Van Peebles, Gordon Parks, Rudy Ray Moore, l'écrivain incontournable Iceberg Slim et l'excellent et magistral historien du cinéma afro-américain Donald Bogle...


jeudi 8 octobre 2009

Say It Loud !

Après une longue absence (due à une interruption de ma connexion), me voilà de retour avec en préparation quelques billets pour compléter la filmographie de Spike Lee et un dossier sur la T'challa la Panthère Noire de plus en plus "black power", et bien sûr, au gré du temps mes coups de gueule ou de cœur, mes p'tits kiffs hip hop ou mes découvertes sur la toile.

Et pour se mettre en bouche et attendre le prochain post, une spéciale dédicace à mon frère Malik (du comité El Hadj Marcel Langer, il se reconnaîtra), un petit James Brown dans le mythique show Soultrain : "Say It Loud : I'M BLACK AND I'M PROUD !"

mardi 7 juillet 2009

A lire : Il était une fois Michael Jackson

Je vous conseille un texte très pertinent de Sylvie Laurent, Il était une fois Michael Jackson (que vous pouvez aussi télécharger ici) qui interroge la vie du chanteur au regard des contradictions et des tensions qui sructurent l'identité afro-américaine.

Voilà l'intro :

Michael Jackson était bien plus qu’un chanteur : Sylvie Laurent retrace l’histoire de cette star devenue « monstre », dont la quête de blancheur et d’androgynie révèle à bien des égards les tiraillements de la communauté afro-américaine confrontée au racisme et au sexisme.
...La suite...

lundi 29 juin 2009

R.I.P. Michael

Que dire de plus...
Alors, comme prendant tout ce week-end, on se passe en boucle les albums, les clips, et on se dit que c'était vraiment le meilleur.


Rest In Peace...

dimanche 21 juin 2009

Car Wash

Car Wash est probablement le film qui marque le mieux la déclinaison de la vague de la blaxploitation : la transformation d'un phénomène cinématographique qui s'intéressait à tous les genres pour se cantonner -à partir de la fin des années 70 et pendant dix ans- à des comédies apolitiques et pleine de bons sentiments.

CAR WASH - Michael Schultz (1976)


Une journée "ordinaire" au Dee-Luxe Car Wash de Los Angeles . On y suit les péripéties des employés : Floyd et Lloyd (Darrow Igus et DeWayne Jesse) les danseurs ratés, le très efféminé Lindy (Antonio Fargas), le p'tit chef Earl (Leonard Jackson), Abdullah (Bill Duke) le militant black muslim qui refuse qu'on l'appelle Duane, Lonnie (Ivan Dixon), ancien prisonnier toujours gardé à l'oeil par la police locale, T.C. le dessinateur de comic à la coupe afro sublime qui tente de gagner des places pour inviter la belle serveuse d'en face, Mona (Tracy Reed). Le patron paternaliste est au prise avec son fils Irwin qui cite à tout bout de champ le "petit livre rouge" du Président Mao qu'il arbore sur son tee-shirt, veut "se rapprocher de la classe ouvrière" et passe l'autre moitié de son temps à se défoncer dans les chiottes.
Les clients se succèdent, au premier rang desquels le pasteur haut en couleurDaddy Rich et ses soeurs Willson (Richard Pryor & The Pointers Sisters).
Michael Schultz s'était illustré avec les bons Together for Days et Honeybaby, Honeybaby, ainsi que l'excellent Cooley High. Il débute avec Car Wash -produit par Universal- une grande série de comédies (telles que Greased Lightning, Which Way Is Up? et Bustin' Loose) en collaboration avec Richard Pryor. Malgrès un succès en salle en demi-teinte et des critiques plutôt négatives, le film de Schultz remporte deux prix à au 30ème Festival de Cannes en 77 : le mérité "Prix de la meilleure partition musicale" (pour Norman Whitfield) et le "Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français" dont j'ignorais totalement l'existence.

Le scénario de Joel Schumacher est intéressant au début mais peine à trouver un réel souffle. De plus, le ton est loin d'être militant : le scénario préfère le paternalisme du patron ou père de famille entré dans le droit chemin, alors qu'il traite durement les militants avec le ridicule Irwin ou le dangereux et radical Abdullah.
Cependant, pointer le caractère plutôt réactionnaire du film n'empêche pas forcément de sourire -voire de rire- pendant le film : à l'image de cette scène avec un gamin vaumissant dans la voiture de sa mère maniérée (campée par Lorraine Gary, la mère dans les trois premiers volets des Dents de la mer) ou encore de la caricature du fils à papa maoïste ou même des frasques d'Antonio Fargas en travesti.
Le film s'appuie surtout sur une pléiade de seconds rôles : Ren Woods (qui débute dans Sparkle et s'illustre en Fanta dans la série TV Roots), Richard Pryor, l'excellent acteur et réalisateur Ivan Dixon qui joue là son dernier rôle sur grand écran, le dinosaure du cinéma afro-américain Clarence Muse, Tracy Reed, le petit Erin Blunt, Leonard Jackson, DeWayne Jesse, les Pointer Sisters, Bill Duke, Leon Pinkney, le cascadeur et acteur habitué des petits rôles d'Amérindiens ou d'indigènes sud-américains Henry Kingi, Lauren Jones, Pepe Serna, le DJ Jay Butler, Jason Bernard, Sarina C. Grant, le joueur de football Otis Sistrunk, Leon Pinkney, Arthur French, Darrow Igus...

Bamboozled

Voilà un film de Spike Lee -plus ou moins oublié et politiquement très incorrect- mais qui fait pour moi parti de ses meilleures productions. Titré The Very Black Show en Français, le film est quasiment entièrement tourné en caméra digitale donnant une impression de docu (on retrouve même un montage et des effets parfois très proche du Sweet Sweetback... de Melvin Van Peebles).


BAMBOOZLED - Spike Lee (2000)


Pierre Delacroix (Damon Wayans) est un scénariste afro-américain ; il travaille pour une chaîne de télé et se voit refuser son dernier show jugé "pas assez black" par son patron. Il prépare alors un projet explosif : ressusciter le concept de minstrel show (spectacle où des acteurs blancs noircis au cirage interprétaient des numéros clownesques, de mauvais tours de claquettes et débitaient des sortes de "blagues") ; mais là, les deux acteurs principaux seront des Afro-Américains maquillés en noir. Rebaptisés Mantan (Savion Glover) et Sleep’n Eat (Tommy Davidson) deviennent les héros de Mantan : the New Millenium Minstrel Show où ils reprennent les sketchs , postures, danses et stéréotypes les plus éculés de la tradition raciste des minstrel shows.
Contrairement à l'idée du créateur Pierre Delacroix, le public est au rendez-vous et le show devient pour les Afro-Américains comme pour les Blancs un véritable succès (chaque spectateur est noirci et déclare au présentateur "I'm a nigger").
Un final magistral montage d’extraits de vieux minstrel show, de films avec Stepin Fetchit, Mantan Moreland et autres Autant en emporte le vent, Song of the South ou The Jazz Singer, et de cartoons racistes (dont nous avons déjà parlé). Un final qui exprime et symbolise une violence inouïe pour des millions de Noirs asservis, puis mis au ban de la société et parallèlement caricaturés, animalisés et infantilisés dans les films, shows ou cartoons durant tous le XXème siècle. Les deux publicités censées sponsoriser l'émission sont plus vraies que natures et complètement tordante (ci-dessous).
Dans ce film Jada Pinckett-Smith occupe l’unique rôle positif et l'incarne à merveille. Et l'on peut sourire quand on sait la réputation de misogynie faite à Spike Lee qui donne en réalité aux femmes des rôles majeurs dans ces histoires... Le producteur campé par Michael Rapaport est parfait en "spécialiste des afro-américains" exalté aux multiples photos de sportifs noirs mais aux préjugés bien ancrés. Quant à Damon Wayans il interprète un personnage profond, ambigüe plus dramatique que comique et s'en sort plutôt bien dans ce registre.
Thomas Jefferson Byrd, acteur qui revient dans de nombreux films de Lee, fait lui aussi une performance énorme dans le rôle du chauffeur de salle, Honeycutt. A signaler enfin le rappeur Mos Def (Civil Brand, Showtime, Block Party, Be Kind Rewind, Next Day Air) ou le révérend Al Sharpton et Johnny Cochran dans leurs propres rôles...



dimanche 31 mai 2009

Banned Cartoons - Jazz et stéréotypes

Pour conclure cette présentation assez complète et un peu longue des banned cartoons, voilà un petit florilège où se mélange bande-son jazzy enflammée et des caricatures de Noirs.

Comme dans Tin Pan Alley Cats, Clean Pastures le jazz dans les cartoons appelle l'idée simpliste que jazz=noir, et noir=idiot-gentil-qui-se-trémousse !

Variante de Boucle d'Or, Goldilocks and the Jivin' Bears met en scène des ours jazzmen... Rien de bien méchant, dira-t'on ?!? En plus des ours aux grosses lèvres, aux accents typiques et à la bêtise exacerbée, quelques personnages secondaires sont vraiment des caricatures tout ce qu'il y a de plus racistes, et l'on retrouve toujours le personnage de la mulâtre aguicheuse...


Goldilocks and the Jivin Bears (1944)
par Melvin-X
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Produite par Leon Schlesinger voilà la version jazzy de Blanche-Neige pour finir en beauté. J'aime bien ce cartoon à la bande son endiablée et aux trouvailles intéressantes. Bien sûr on échappe pas à certaines figures stéréotypées.


Coal Black and de Sebben Dwarfs (1943)
par Melvin-X

jeudi 28 mai 2009

Banned Cartoons - Cannibalisme et os dans le nez

Là où les cartoons précédents réprésentaient des stéréotypes négatifs des Afro-Américains, une jolie floppée d'autres font voyager leurs héros en Afrique. Là encore, le bon goût est laissé de coté pour faire place aux caricatures les plus racistes !


Plane Dumb, en 1932, donne le ton avec ces premiers Tom & Jerry (des humains au lieu du chat de la souris) survolant l'Afrique. Ils se crashent...


Plane Dumb (1932)
par Melvin-X

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Jungle Jitters. Produit par Leon Schlesinger, ce cartoon de Merry Melodies nous présente un sosie de Dingo en colporteur. Il essaye de vendre sa camelotte dans un village africain. Non seulement ce dessin animé reprend les codes des Noirs fainéants et danseur, mais il y rajoute en plus un peu de cannibalisme...


Jungle Jitters (1938)
par Melvin-X

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Et pour finir, sans commentaire :


Half Pint Pigmy (1948)
par Melvin-X

lundi 18 mai 2009

...enterrer Fanon et Césaire une deuxième fois...

Depuis une semaine, je parle des dessins animés -censurés depuis- représentant des images dévalorisantes des Noirs. On peut se dire que « c’est dépassé », « c’était avant » que « c’est aux States »… Pourtant… Pourtant…

Ce matin, France Info nous parle du blanchiment de la peau. Pas de l’impétigo supposé de Michael Jackson, non, d’une pratique bien réelle qui vise lorsqu’on a la peau noire à se blanchir par divers moyens. Et quels moyens !!! Des crèmes de beauté aux rajouts d’eau de javel, de décapants de toutes sortes, des substances cancérigènes...

La volonté pour certaines personnes de devenir "plus blanc" est donc plus importante que les dangers sur la santé que provoquent à coup sûr ces produits miracles !
C’est qu’on n’est peut-être pas si loin du temps de ces cartoons où des Noirs folkloriques jouent du banjo, ou mangent des pastèques en rigolant, exhibant des dents aussi blanches que leurs lèvres proéminentes sont rouges ! Des films où les seules Noires à avoir une sexualité sont les métisses, les autres gardant les chérubins de l'aristocratie américaine ! Des films où les hommes les plus Noirs sont aussi ceux aux appétits sexuels insatiables et plus ou moins violeurs de femmes blanches ! Des films où les Noirs, quand ils ne sont pas des gangters ou des sauvages, sont des sous-fiffres de Mel Gibson ou de Tom Hanks ! Et l’on voudrait que toutes ces représentations qui abreuvent nos écrans, nos livres, nos panneaux d’affichages publicitaires ne soient pas aussi inscrits dans nos pratiques les plus inconscientes ?!? Et l’on s’étonne que des femmes et des hommes pour paraître plus beaux -et plus blancs-, pour paraître plus employables -et plus blancs-, pour être moins "discriminés" -et plus blancs- mettent en danger leur santé pour blanchir leur peau.
Quand on se rend compte de cela, quand on veut bien ouvrir les yeux sur la réalité si insidieusement raciste de notre pays pourtant officiellement ouvert et multiculturel, on a envie de crier ! De crier !
Crier "Frantz Fanon" !
Crier "Malcolm X" !
Crier "Angela Davis" !
Crier "Aimé Césaire" !
Crier "Réveillez-vous, ils sont devenus fous" !

Je ne résiste pas à finir par une citation de Frantz Fanon, citation qui a plus de 50 ans et malheureusement toujours d'actualité :
« Les histoires de Tarzan d'explorateurs de douze ans, de Mickey, et tous les journaux illustrés, tendent à un véritable défoulement d'agressivité collective. Ce sont des journaux écrits par des Blancs destinés à de petits Blancs. Or le drame se situe ici. Aux Antilles, [...] dans les autres colonies, ce sont les mêmes illustrés qui sont dévorés par les jeunes indigènes. Et le Loup, le Diable, le Mauvais Génie, le Mal, le Sauvage sont toujours représentés par un nègre ou un indien, et comme il y a toujours identification avec le vainqueur, le petit nègre se fait explorateur, aventurier, missionnaire « qui risque d’être mangé par les méchants nègres » aussi facilement que le petit Blanc. On nous dira que cela n’est pas très important ; mais c’est qu’on n’aura point réfléchi sur le rôle de ces illustrés. »
Frantz Fanon, Peau noire, Masques blancs, 1952, p. 119

jeudi 14 mai 2009

Banned cartoons - les héros de notre enfance...

Les grands classiques de Disney ont joué sur les stéréotypes, et le studio de Mickey a eu droit à son film esclavagiste (jamais édité en DVD, donc) : Song of the South. Mais c'est la Warner et son personnage emblêmatique Bugs Bunny qui attire les foudres des critiques, et à juste raison.

Dans Fresh Hare, Bugs Bunny échappe comme d'habitude à Elmer... jusqu'à la fin, où devant un peloton d'exécution, il entonne l'hymne sudiste Dixie's Land et Elmer et ses soldats se transforment joyeux blackface sur fond de champ de coton. Cette fin a été maintes fois censurée de diverse manières par les chaînes TV.
Censuré aussi Southern Fried Rabbit, où Sam en uniforme confédéré poursuit Bunny grimmé en nigger... Dans All This and Rabbit Stew, une sorte de Elmer noir traque sans succès le lapin vedette de la Warner qui le ridiculise :



All This and Rabbit Stew (1941)
par Melvin-X
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La célèbre pin up Betty Boop n'échappe pas aux facilités des stéréotypes surtout quand il s'agit de faire un cartoon autour du music hall...



Betty Boop - Making stars (1935)
par Melvin-X

mardi 12 mai 2009

Banned Cartoons - Les enfants "innocents"

Les enfants sont à l'honneur pour véhiculer les préjugés comme dans Angel Puss ou le célèbre Little Black Sambo :



Little Black Sambo (1935)
par Melvin-X

Uncle Tom's Bungalow de Tex Avery, produit par la Warner en 1937. L'auteur comme la major sont les plus actifs dans ces représentations négatives des Afro-Américains, de leur culture et de leur histoire ; l'intégrale des oeuvres de Tex Avery sera en conséquence une de celles les plus élaguée par la censure. Dans ce dessin animé, il met en scène deux enfants (une Blanche et une Noire) et le célèbre Oncle Tom... Voix lanciantes, dos courbés, lessiveuse et serviteurs. En gros, paternalisme et préjugés à tous les étages !!

dimanche 10 mai 2009

Banned Cartoons - Le "temps béni" de l'esclavage

Depuis ses balbutiements, le cinéma d'Hollywood a utilisé des stéréotypes racistes en particulier en caricaturant voire en créant de toute pièce des personnages noirs enfantins, idiots et physiquement marqués. Naissance d'un Nation, de D. W. Griffith a lancé les stéréotypes de l'Oncle Tom docile, du coon faignant, mangeur de pastèques et joueur de banjo, de la Mammy obèse et dévoué aux enfants de ses maîtres...
Les dessins animés n'échappent pas à la règle ; chez Disney, Warner, que ce soit Tex Avery ou Betty Boop, les cartoons regorgent de stéréotypes racistes sur les Noirs Américains et sur les Africains. Inutile que la plupart de ces dessins animés charrient aussi une bonne grosse notalgie pour le
Old South esclavagiste et ses champs de cotons !
Suite aux mouvements des Droits Civiques, du Black Power, et diverses campagnes visant à interdire les contenus racistes, ces cartoons ont été grosso modo censurés et n'ont jamais été édités officiellement en VHS ou DVD.
Petit florilège...
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Beaucoup de cartoons s'intéressent à la vie des Noirs dans vieux Sud esclavagiste. Les décors sont intemporels avec les champs de coton, les bateaux à aube et les cabanes si typiques, les Noirs y sont des grands enfants, des grosses nounous, fainéants, peureux, mystiques... comme dans Sunday Go To Meetin' Time, Hittin' the Trail to Hallelujah Land ou le suréaliste Confederate Honey !
Une de ces petites perles, produite par Walter Lantz et distribuée par Universal, est Scrub Me Mama with a Boogie Beat, totalement hallucinant de stéréotypes. Les Noirs habitent à Lazzy Town, ils sont donc faignants et mangent des pastèques... jusqu'à ce qu'arrivent une mulâtre aguichante. Toutes les grandes figures noires négatives du cinéma hollywoodien sont là !!



Scrub Me Mama With a Boogie Beat - 1941
par Melvin-X

Produit par Leon Schlesinger pour la WarnerBros, ce dessin animé s'inspire de Green Pastures (j'y reviendrai sans doute un jour), on y retrouve Cab Calloway, Stepin Fetchit et Fats Weller. Clichés à gogos... sur une musique pourtant assez géniale !

Clean Pastures (1937)
par Melvin-X

vendredi 8 mai 2009

Le nouveau site de Foxy Bronx

Résolument tourné vers le soul cinema, voilà la dernière création sur le net de Foxy Bronx : http://www.foxybronx.com/
pour l'instant, on y trouve des infos sur les (ré)éditions de films blax', des rubriques sur les soundtrack, la soul TV, un entretien avec Melvin Van Peebles, un hommage à Teresa Graves ou Rudy Ray Moore... Et quand on connaît les connaissances énormes de Foxy Bronx, on peut s'attendre à de très bonnes mises à jour à venir !!!

En plus, le design est bien recherché, les rubriques faciles d'accès, et les photos de la page d'accueil changent au grès des connexions.

Bref, un site à parcourir au plus vite !!