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samedi 24 novembre 2012

Together Brothers

Après Honky, William A. Graham confirme son incursion dans la blax avec Together Brother...

TOGETHER BROTHERS - William A. Graham (1974)
Mr. Cool (Ed Bernard) est un policier qui patrouillent dans un quartier de Galveston, Texas, où vivent afro-américains et latinos. Il est plutôt apprécié des gens de la rue qu'il aide et conseille. Alors lorsque Mr. Cool est sauvagement assassiné dans une ruelle, toutes la Communauté lui rend hommage.
Le seul témoin du meurtre est le petit Tommy (Anthony Wilson) dont le meurtier à court de munitions ne peut se débarrasser. Mais Tommy, choqué, ne peut plus pronocer un mot. Son grand frère H. J. (Ahmad Nurradin) et sa bande de copains vont tout mettre en oeuvre pour retrouver le meurtrier !
Et leurs investigations les amènent rapidement sur la piste de Billy Most (Lincoln Kilpatrick), mystérieux travesti récemment sorti de prison...
Together Brothers pourrait passer pour un film indépendant d'un réalisateur afro-américain. Il est pourtant produit par la 20th Century Fox et dirigé par un cinéaste blanc : William A. Graham. Celui-ci avait livré trois ans auparavant le très intéressant Honky ; le voilà aux manettes d'un pur film blax qui allie un scénario original, une volonté de réalisme quasi-documentaire, un casting semi-professionnel et de solides performances (dont celle magistrale de Lincoln Kilpatrick !), ainsi qu'un soundtrack devenu culte composé et interprété par Barry White.

L'aspect thriller est halletant, la bande de jeunes détectives amateurs apporte un peu de fraîcheur et le personnage de flic sympathique et paternaliste tranche avec les canons du moment. Le principal suspect mérite à lui seul de voir le film ! Il est interprété avec brio par Lincoln Kilpatrick, qui compose un travesti à l'esprit torturé.
Pour le reste de la distribution, on retrouve quelques comédiens importants de la période comme Glynn Turman et Frances E. Williams (The Black Klansman, Baby Needs a New Pair of Shoes, A Piece of the Action). D'autres sont des seconds rôles récurrents tels Ed Bernard (Shaft, Across 110th Street, la série The White Shadow...), Mwako Cumbuka (Halls of Anger, Hit !, Coffy),
ou même le percussionniste Danny "Big Black" Rey (Blazing Saddles, Lethal Weapon 3, When We Were Kings) et Angela Elayne Gibbs (Cleopatra Jones, Fled, Drumline, Think Like a Man) qui continuent de jouer après la mode des soul movies.

lundi 19 novembre 2012

Honky

Comme Street Sister, Honky traite entre autre de la problématique des relations interraciales...

HONKY - William A. Graham (1971)
A Atlanta, le timide Wayne Divine (John Neilson) -un lycéen blanc issu d'une famille modeste- tombe amoureux de son contraire féminin : la jolie Sheila Smith (Brenda Sykes), une jeune fille afro-américaine qui n'a pas froid aux yeux et dont les parents (William Marshall & Amentha Dymally) appartiennent à la bourgeoisie noire.
Les deux ados semblent filer le parfait amour, mais pour pimenter leur vie de lycéens et améliorer leur argent de poche, ils se mettent à dealer de l'herbe puis, griser par leur amour et leur envie de transgression, partent dans un road movie périlleux...
Déclinaison "moderne" de l'impossible romance entre deux jeunes que tout oppose, Honky n'est pas une production blaxploitation au sens strict. Pourtant sorti en 71 (la même année que Shaft et Sweet Sweetback...), le scénario et le casting collent à la période.

Le film débute comme une histoire d'amour gentillette et kitch, voire ennuyeuse,  avec pâquerettes, famille canard s'ébrouant dans une mare et de hippies tolérants (avec en fond sonore la chanson composée par Quincy Jones). Pourtant rapidement, il se transforme sans crier gare en drame intense et pessismiste...
William A. Graham réussit incontestablement son entrée dans le cinéma (lui qui réalisait des séries à succès depuis les années 50) et récidive avec l'excellent Together Brothers et le très mauvais Sounder, Part 2.

La distribution fait la part belle à des actrices et acteurs afro-américains. Au premier rang desquels la pétillante Brenda Sykes qui décroche là sa première et unique tête d'affiche ; apparu dans de petits rôles sur The Liberation of L.B. Jones et Skin Game, elle joue dans quelques films blax comme  Black Gunn, Cleopatra Jones, Mandingo et Drum...
Mais les seconds rôles sont presque plus impressionnants. Ainsi, se succèdent dans de courtes scènes William Marshall avant que celui-ci ne devienne l'emblêmatique Blacula, Lincoln Kilpatrick (The Lost Man, Soul Soldier, The Omega Man, Brother John, Cool Breeze, Together Brothers, Uptown Saturday Night) et Glynn Turman.

Malheureusement, on ne trouve qu'une copie VHS affreusement recadrée (où la plupart des personnages sont tronqués et le générique n'est même pas visible en entier).