THE DEFIANT ONES - Stanley Kramer (1958)


Comment traiter de ce film -forcément- ambivalent du point de vue du racisme ? C'est somme toute assez compliqué. D'un coté, il représente indéniablement une tentative de traiter du racisme
Mais il utilise pour celà les vieilles recettes hollywoodiennes,

Examinons d'abord le premier point : la dénonciation du racisme. plutôt rare dans les années 50, The Defiant Ones fait la preuve par le script que les Noirs et les Blancs peuvent vivre ensemble s'ils dépassent leur apparente différence et apprennent à se connaître. La promiscuité que procure leurs menottes obligent les deux fugitifs à collaborer, et par là à se découvrir plus de points communs que de différences. Stanley Kramer va jusqu'à mettre dans le même plan le nom des deux acteurs principaux apparaît lors du générique. De ce point de vue donc, on est bien face à un film aux visées antiracistes et humanistes.
Mais le personnage incarné par Sidney Poitier porte cependant les stigmates des stéréotypes noirs d'Hollywood. Il adopte une voix lancinante caractéristique, chantant à tout va une sorte de gospel plaintif... Impertubable face aux réactions racistes des gens qu'ils croisent, ses qualités semblent bien plus importantes que celles de son co-détenu, n'hésitant pas à aller jusqu'au sacrifice par solidarité.


Malgré (ou grâce) à cette ambiguité, La chaîne acquiert avec le temps un statut de film incontournable. Nominé aux Oscars dans 6 catégories, il en reçoit deux (le scénario et la photographie) ainsi que maints autre prix. Tandis que le nombre d'adaptations sur le petit et le grand écran prouve là encore l'impact et le caractère "culte" de ce film. Pour les films, il y a le très moyens Black Mama, White Mama qui transpose l'intrigue en utilisant un duo féminin (Pam Grier et Margaret Markov), et Fled réalisé par Kevin Hooks où se rajoute une histoire d'espionnage informatique. A signaler aussi un remake TV, où Carl Weathers interprète Noah Cullen, et de nombreux téléfilms qui font référence au film original.
Marlon Brando, Robert Mitchum, Elvis Presley... les noms se sont succéder pour tenir le rôle de Joker.

Stanley Kramer et son directeur de la photo Sam Leavitt retournent une décennie plus tard avec Poitier, la comédie à la fois libérale et empreinte de racisme "ordinaire" Guess Who's Coming To Dinner.
