vendredi 3 septembre 2010

Black Dynamite

Le film le plus attendu des inconditionnels de la blaxploitation et du cinéma bis : Black Dynamite !

BLACK DYNAMITE - Scott Sanders (2009)

Le jeune Jimmy est abattu froidement par des truands l'accusant d'être un indic. Mais Jimmy était surtout le petit frère d'un ancien agent de la CIA doublé d'un justicier : Black Dynamite (Michael Jai White). Armé de son nunchaku et de son .44, il jure de venger la mort de son frère !
Black Dynamite enquête parmi les pimps de Osiris (Obba Babatundé) et les tough guys, se faisant aider par des militants du coin, une activiste (Salli Richardson-Whitfield), éducatrice d'un orphelinat où les gamins se droguent et le pépillant Cream Corn (Tommy Davidson).
Déjouant les pièges, il met à jour un vaste complot raciste. Son combat l'amène des ghettos à la Maison-Blanche, en passant par Kun-Fu Island !
Avant même son tournage, Black Dynamite a bénéficié d'un engouement important chez les fans de blaxploitation et de ciné bis en général. Michael Jai White et Scott Sanders distillent un premier trailer sur le net et font monter le suspens... La sortie n'en est que plus attendue. Mais la distribution est limité et les bénéfices, malgré un accueil critique plus qu'honorable, ne sort que dans quelques salles US (et encore moins dans le monde). La sortie DVD et Blu-Ray permet une meilleure diffusion et assure définitivement le succès d'estime ; White et Sanders laissent d'ailleurs entendre qu'un deuxième volet pourrait voir le jour.

Tous les ingrédients sont réunis (plus concentrés encore que dans les films d'origines) : présence de charme (avec l'embauche d'actrices "X" comme Charmane Star, Erika Vution, Justine Joli ou Charlotte Stokely), l'action et la testostérone, les costumes moulants et/ou ultra-colorés signées Ruth E. Carter, le kunfu exagéré, les caméras tremblotantes ou en retard sur l'action, les micros apparents, la réutilisation de scènes...
Pour les fans ultimes, les bonus (scènes coupées, documentaire, making-off) et les commentaires de Scott Sanders, Michael Jai White et Byron Minns sont indispensables pour voir la méticulosité des références et la bonne humeur qui semble régner pendant le tournage. Michael Jai White emprunte le caractère bourru et la moustache de Jim Brown, le karaté et le sex-appeal de Dolemite, le complot raciste à Three the Hard Way, l'arsenal de Truck Turner, la haine des dealers de Billy Dee Williams dans Hit ! et le flegme de James Iglehart dans Bamboo Gods and Iron Men.

En même temps, la force du film réside dans le fait qu'il n'est pas une parodie (on a déjà connu le très bon I'm Gonna Git You Sucka sur ce créneau). Là, Scott Sanders et Michael Jai White se concentrent sur le style, les ressorts scénaristiques, l'ambiance, les gimmicks et les personnages secondaires. On échappe donc au pastiche pour se retrouver devant un hommage assez proche de ce que Tarantino et Rodriguez ont fait avec leur projet Grindhouse. Peut-être même encore plus "réaliste". Si bien que l'on a vraiment l'impression de voir un trésor retrouvé de l'époque béni du cinéma soul.

Dans les commentaires, White affirme que "la musique est un personnage en soi". Elle est d'ailleurs composé avant le tournage et édité en guise de teaser. Là encore, on se croirait dans un film soul typique avec ses ponctuations musicales, ses chansons expliquant l'action et ses titres love...
Il y a quelques extraits de films blax peu connus (Mean Mother et Dynamite Brothers) et un hommage appuyé -le plus apparent- à la scène du conseil des macs de Willie Dynamite (qui réunit une pléiade d'acteurs de premier rang : Obba Babatundé, Arsenio Hall, Bokeem Woodbine, Billy "Sly" Williams, Miguel A. Núñez Jr. et Cedric Yarbrough).

Michael Jai White est tout simplement parfait et le personnage taciturne et inexpressif de B.D. n'est pas si facile à interpréter ; en sus, il met ses talents en arts martiaux au service des bastons incroyablement bis. Autour de ce personnage principal omniprésent gravitent des seconds couteaux qui entrent dans leurs rôles à merveille : le pimp efféminé incarné par l'hilarant Tommy Davidson (premier rôle dans Strictly Business, il ne fait plus que de brèves apparitions dans CB4, Ace Ventura: When Nature Calls, Woo, Bamboozled ou Juwanna Mann), le chef de bande Mykelti Williamson (qui incarne Don King dans le Ali de Michael Mann, mais est surtout tristement célèbre pour son personnage outrancier de Bubba dans l'ultra-réactionnaire blockbuster Forrest Gump), la maquerelle Kym Whitley, le militant Chris Spencer -un habitué des projets des Wayans : le show In Livin Color, Blankman, A Low Down Dirty Shame, Don't Be A Menace...-, la belle Salli Richardson-Whitfield, Byron Minns, Kevin Chapman, Darrel Heath, Nicole Ari Parker, Brian McKnight, Henry Kingi Jr., Phyllis Applegate...
Coté blanc, il y a entre autres Richard Edson (habitué des productions afro-américaines de qualité avec Do the Right Thing ou encore Posse) et John Kerry (qui joua dans Dolemite ou l'obscur Abar, The First Black Superman).

Rentrée et classement

Après ce repos estival (et finalement l'intermède avec les films de Diana Ross), c'est reparti pour une longue année de chroniques sur les films afro-américains ou traitant des Noirs d'Amérique, quelques billets d'actu (souvent des coups de gueule irrépressibles), de coups de cœur littéraires ou de découvertes sur la toile...
Après quelques liens et vidéos que j'ai pu apprécier cet été, je consacrerai les prochains billets aux premiers films avec un casting "all colored". Il ne sera pas question des "race movies", ces petites et grandes productions indépendantes des années 20 et 30 (on peut lire à ce sujet l'article de Régis Dubois sur son blog Le sens des images : Les "Race Movies" redécouverts) ; j'évoquerai plutôt les grands succès hollywoodiens utilisant des actrices et acteurs presqu'exclusivement afro- américains et faisant la part belle aux stars du jazz, de la danse et du chant.

Je profite de ce billet pour dire quelques mots de la classification ci-contre : elle va évoluer dans l'année parce que son découpage mérite plus de précisions...
D'abord, pour ce qui est des actrices et acteurs, je vais réorganiser tout ça en trois catégories : les légendes noires (postérieures aux années 50), les héros de la blax (et globalement des années 60/70) et les "nouveaux" acteurs afro-américains.
En gras, ce sont celles et ceux qui ont tenu à un moment donné une tête d'affiche (dans un film ou une série) ou qui sont trop récurrents pour être oublié -bref, vous comprendrez que ce soit donc forcément subjectif.
Pour les guests "non-Noirs", ils sont tous regroupés au sein de la même catégories quelques soient leurs dates d'apparitions, de même que les réalisateurs, producteurs, compositeurs ou superviseurs musicaux, personnels techniques... Pour ces derniers, la plupart ont travaillé (ou débuté) pendant la vague soul ; peu nombreux, on remarque assez facilement leur récurrence selon les productions -en particulier l'AIP- mais se glissent aussi des équipes plus récentes et des directeurs de casting ou autres costumiers dont le travail et la fidélité méritent d'être soulevé. Là encore, vous excuserez donc une certaine part de subjectivité mais aussi des oublis.

dimanche 29 août 2010

The Wiz

Remake afro-américain du Magicien d'Oz à la sauce "blax"...

THE WIZ - Sidney Lumet (1978)


En tentant de rattraper son chien Toto, Dorothy (Diana Ross) -une institutrice de Harlem qui vit encore chez son oncle et sa tante- est emportée dans un tourbillon de neige ; elle atterrit à Munchkinland, une région du pays d'Oz.
Elle tue par inadvertance la méchante sorcière de l'est et libère d'étranges enfants enfermés dans des grafittis. Eberluée, elle veut retourner chez elle ; pour celà, elle doit rencontrer le Magicien d'Oz -"The Wiz".
Dans son périple, Dorothy rencontre un épouvantail sans cervelle (Michael Jackson), un homme de fer sans coeur (Nipsey Russell) et un lion sans courage (Ted Ross). Ensemble, ils décident de demander au magicien ce qui leur fait défaut.
Mais celui-ci conditionne son aide : Dorothy et ses comparses doivent supprimer la méchante sorcière Evilene (Mabel King).

Ce film est une double adaptation : d'abord du célèbre Magicien d'Oz revisité d'un point de vue afro-américain ensuite la transposition cinématographique d'une comédie musicale jouée à Broadway.
D'abord le casting s'en ressent avec l'emploi de Stanley Greene, Mabel King (déjà croisée dans Ganja & Hess ou The Bingo Long Traveling All-Stars & Motor Kings) ou Thelma Carpenter qui jouent aussi dans la comédie de Broadway. De même que le foisonnement de chanteurs de métier comme Nipsey Russell, Thelma Carpenter, Rhetta Hughes (présente dans Sweet Sweetback's Baadasssss Song et Don't Play Us Cheap) et certains qui font leur premier pas (à l'instar de Joshie Armstead, Roberta Flack, Robin Givens, Ray Simpson des Village People...), des danseurs et chorégraphes tels Carlton Johnson et Joe Lynn,

La mise en scène de Sidney Lumet est assez typique aussi des adaptions avec une succession de tableaux où s'entremêlent comédie classique, chants et danses endiablées. On a droit à de véritables ballets plutôt bien filmés et des décors post-apocalyptiques à la Mad Max.
Alors, c'est sûr qu'à l'heure du tout numérique et de la 3D, cette comédie musicale, ses costumes et ses décors paraissent bien cheap. Cependant, pour l'époque, The Wiz est bien un film à grand spectacle très respectable et techniquement abouti, avec de très jolie trouvailles graphiques (à l'image de la "transformation" des adeptes de la sorcière, le micro vivant, ou encore la saynète avec les corbeaux et Michael Jackson).
Il n'en reste pas moins que le films souffre de certaines longueurs (il faut une heure entière à Dorothty pour rencontrer ses compagnons d'infortune).

Par contre, je trouve la prestation de Diana Ross sans relief. Les deux surprises viennent plutôt d'un débutant et d'une ancienne gloire. Pour le premier il s'agit de Michael Jackson, assez lisse dans son personnage d'épouvantail mais très convaincant dans ses prestations scéniques. Pour la seconde, d'une grande dame qui nous a quitté cette année : Lena Horne, pour son dernier long métrage , impressionnante dans un un solo magistral en guise de quasi-clôture du film.
A noter aussi les cascades de Steve James (qui deviendra entre autre Kun-Fu Joe dans I'm Gonna Git You Sucka).



mardi 24 août 2010

Mahogany

Unique film de Berry Gordy en tant que réalisateur, ce producteur de génie reprend le duo qui avait si bien marché dans Lady Sings the Blues : sa chanteuse de femme Diana Ross et l'éternel dandy Billy Dee Williams.

MAHOGANY - Berry Gordy (1975)


Tracy Chambers (Diana Ross) fait des études pour être une styliste ; tandis que sa tante Florence (Beah Richard) les lui confectionne. Tracy habite dans les quartiers noirs et pauvres de Chicago, c'est là qu'elle rencontre Brian Walker (Billy Dee Williams), un juriste qui milite pour faire respecter les droits des Afro-Américains.
En parallèle de ses études, Tracy travaille comme secrétaire et femme-à-tout-faire dans une agence de mode. Un jour, un photographe (Anthony Perkins) la remarque et lui demande de poser ; sa patronne ne voit pas d'un bon oeil la promotion des Noirs. en outre, ses croquis ne trouvent pas preneur...
Tandis que Brian se lance dans une campagne électorale, Sean -le photographe- propose un boulot à Tracy... à Rome. Elle y devient un célèbre mannequin, multipliant publicités et couvertures de magazine sous le nom de Miss Mahogany.

On ne retrouve pas la force de Lady Things the Blues, dans cette comédie romantique. Pari perdu de ce point de vue, puisqu'il est incontestable que le maitre en affaire Berry Gordy espérait rééditer le succès tant artistique que commercial du biopic sur Billy Hollyday (il en reprend d'ailleurs l'architecture sous forme de flashback). Pour l'aspect financier, par contre le bilan positif, doublé d'excellents chiffres de vente pour la Bande Originale (signée Michael Masser) et en particulier la chanson "Do You Know Where You're Going To" interprétée par Diana Ross.
Sans être mauvaise, la réalisation de Berry Gordy est plate et sans relief. Il se contente de suivre les protagonistes, sauf peut-être au milieu du film avec un clip tout en fondu et à la gloire de sa femme splendide.
L'affrontement en toile de fond entre la philosophie individualiste et la volonté de réussite personnelle de Mahogany/Diana Ross, et le combat politique et collectif représenté par Brian/Dee Williams reste trop superficiel à mon goût (et se cantonne à des poncifs mielleux). Cependant, le film s'avère sévère et sans concession sur le milieu de la mode.

Le duo Ross/Dee Williams fonctionne toujours très bien. C'est surtout les acteurs secondaires qui attirent l'attention, et spécifiquement, le personnage de Sean le photographe infect et névrosé qui est un de ces salauds qu'on adore détester ; il est interprété par Anthony Perkins, l'inquiétant et mythique Norman Bates de Psychose.
Par ailleurs, il faut noter la présence de la trop rare Beah Richard (In the Heat of the Night, Guess Who's Coming to Dinner et The Great White Hope) qui est resplendissante ici, de Lenard Norris (The Spook Who Sat by the Door), de Pemon Rami (qui joue dans Three Tough Guys et travaille comme casteur de figurant sur ce film ainsi que Cooley High et The Monkey Hustle) et du Français Jean-Pierre Aumont.

mardi 17 août 2010

Lady Sings the Blues

Dans cet été bien rempli, le fort beau billet de Culture Street sur Billie Holiday m'incite à publier cette fiche sur la très réussie biographie de la chanteuse ; un projet Motown piloté par Berry Gordy et une première et très convaincante prestation de Diana Ross.

LADY SINGS THE BLUES - Sidney J. Furie (1972)

Suite à son viol sordide, la jeune Eleanora (Diana Ross) arrive à New-York où elle retrouve sa mère (Virginia Capers), une employée de maison qui n'a pas grand chose à lui offrir ; elle lui trouve un travail dans un bordel de Harlem. Eleanora fait le ménage pour un maigre salaire, puis se prostitue finalement.
Mais ce dont elle rêve c'est de chanter dans le club d'en face. Un soir, elle quitte le bordel et arrive à imposer au patron du nightclub, Jerry (Sid Melton), de l'auditionner. Convaincu, il l'engage... sous le nom de Billie Holiday.
Ses prestations ne convainquent pas le public (qui préfère les filles nues), mais lui permettent de faire ses classes, au côté de Piano Man (Richard Pryor) qui l'accompagnera pendant le reste de sa carrière. Coté sentimental, elle s'énamoure d'un jeune dandy Louis McKay (Billy Dee Williams).
Rapidement, des musiciens -blancs- lui proposent de les suivre en tournée à travers le pays ; c'est le début de la gloire, mais aussi des mélanges explosifs de drogues et d'alcool conjugués à une dépression accrue...

Le scénario est basé essentiellement sur l'autobiographie de Billie Holiday (ce qui n'est en rien synonyme de réalité, puisque celle-ci serait déjà plutôt édulcorée, quant à la dureté de sa jeunesse en particulier). Mais les grands moments marquants de sa vie sont habilement amenés, à l'image de sa découverte du Sud et de ses trop célèbres lynchages (qui lui inspirent son émouvant "Strange Fruits"), de son internement, du Carnegie Hall...
Dès le générique, l'on sent une ambiance pesante, noire, soutenue par la musique orchestrale du compositeur français Michel Legrand. A l'image de sa vie, le film recèle une tension tragique tout du long... on souffre pour et avec Billie Holliday.
Le film raconte la vie d'un personnage, mais raconte aussi une époque et un point de vue, celui d'une jeune Afro-Américaine à la voix hors-norme au destin à la fois commun et particulier.

Gordy fait plus que réussir son pari d'imposer dans un grand biopic sa femme, égérie des Supremes. Il remporte un grand succès, aussi bien financier qu'auprès du public et des critiques ; il obtient en sus 5 nominations aux Oscars (ce que se fait rarement alors pour un film noir), dont une pour la meilleure actrice.
Il faut dire que tous les moyens sont là ; la réalisation est léchée. Les séquences musicales s'appuient sur un certain nombres de pros (Paul Hampton, la chanteuse Yvonne Fair, le vieil acteur et musicien Jester Hairston...), ainsi que la partition et la direction d'orchestre de Michel Legrand. Enfin, les acteurs de qualité sont au rendez-vous (un casting de Joe Scully). Billie Dee Williams interprète à la perfection un dandy amoureux, Richard Pryor joue là un de ses rôles "traditionnels" qui -à mon avis- lui vont à merveille (loin des mimiques de ces comédies des années 80) ; mais aussi Virginia Capers, Scatman Crothers et Sid Melton, ainsi que quelques gueules croisées ça ou là telles que Jayne Kennedy, Isabel Sanford (Guess Who's Coming To Dinner, Hickey and Boggs, Soul Soldier puis  Original Gangtsas et Sprung), Tracee Lyles, Norman Bartold ou Lynn Hamilton.

mercredi 28 juillet 2010

RIP Vonetta McGee

Très occupé en ce moment, j'apprends à peine, et je dois le dire avec une certaine tristesse, le décès d'une grande dame du cinéma des années 70 que vous avez peut-être découvert sur ce blog, la ravissante et trop rare Vonetta McGee.
Elle débute sa carrière avec Faustina, une petite production italienne ; puis elle tourne Il grande silenzio (aux coté de Klaus Kinski et Jean-Louis Trintignant).
Cependant, c'est Melinda qui la propulse vraiment dans la vague des films soul, elle y partage l'affiche avec Calvin Lockhart et Rosalind Cash. A la suite, elle donne la réplique aux grands noms masculins de l'époque, d'abord -et brièvement- à Sidney Poitier dans The lost Man, puis à Fred Williamson dans Hammer, William Marshall dans Blacula, Richard Roundtree dans Shaft in Africa, Bernie Casey dans Brothers... On peut aussi la voir dans Detroit 9000, et dans un film moins soul mais avec Clynt Eastwood, The Eiger Sanction.

Après Shaft in Africa, elle passe à coté du rôle qui aurait pu la propulser plus haut encore : celui de Cleopatra Jones, dont le scénario est écrit sur mesure par son acteur/scénariste de mari Max Julien.
L'année suivante, le couple se retrouve enfin devant les caméras de Gordon Parks Jr. (et toujours sur un scénario de Max Julien) pour un excellent western, une sorte de Bonnie and Clyde mâtiné de lutte de classe : Thomasine & Bushrod (malheureusement quasi invisible).

Comme beaucoup, Vonnetta McGee verra sa carrière freinée dans les années 80, où on l'aperçoit dans quelques séries.
Elle s'est éteinte ce 9 juillet...



lundi 19 juillet 2010

The Wiz

Remake afro-américain du Magicien d'Oz à la sauce "blax"...

THE WIZ - Sidney Lumet (1978)


En tentant de rattraper son chien Toto, Dorothy (Diana Ross) -une institutrice de Harlem qui vit encore chez son oncle et sa tante- est emportée dans un tourbillon de neige ; elle atterrit à Munchkinland, une région du pays d'Oz.
Elle tue par inadvertance la méchante sorcière de l'est et libère d'étranges enfants enfermés dans des grafittis. Eberluée, elle veut retourner chez elle ; pour celà, elle doit rencontrer le Magicien d'Oz -"The Wiz".
Dans son périple, Dorothy rencontre un épouvantail sans cervelle (Michael Jackson), un homme de fer sans coeur (Nipsey Russell) et un lion sans courage (Ted Ross). Ensemble, ils décident de demander au magicien ce qui leur fait défaut.
Mais celui-ci conditionne son aide : Dorothy et ses comparses doivent supprimer la méchante sorcière Evilene (Mabel King).

Ce film est une double adaptation : d'abord du célèbre Magicien d'Oz revisité d'un point de vue afro-américain ensuite la transposition cinématographique d'une comédie musicale jouée à Broadway.
D'abord le casting s'en ressent avec l'emploi de Stanley Greene, Mabel King (déjà croisée dans Ganja & Hess ou The Bingo Long Traveling All-Stars & Motor Kings) ou Thelma Carpenter qui jouent aussi dans la comédie de Broadway. De même que le foisonnement de chanteurs de métier comme Nipsey Russell, Thelma Carpenter, Rhetta Hughes (présente dans Sweet Sweetback's Baadasssss Song et Don't Play Us Cheap) et certains qui font leur premier pas (à l'instar de Joshie Armstead, Roberta Flack, Robin Givens, Ray Simpson des Village People...), des danseurs et chorégraphes tels Carlton Johnson et Joe Lynn,

La mise en scène de Sidney Lumet est assez typique aussi des adaptions avec une succession de tableaux où s'entremêlent comédie classique, chants et danses endiablées. On a droit à de véritables ballets plutôt bien filmés et des décors post-apocalyptiques à la Mad Max.
Alors, c'est sûr qu'à l'heure du tout numérique et de la 3D, cette comédie musicale, ses costumes et ses décors paraissent bien cheap. Cependant, pour l'époque, The Wiz est bien un film à grand spectacle très respectable et techniquement abouti, avec de très jolie trouvailles graphiques (à l'image de la "transformation" des adeptes de la sorcière, le micro vivant, ou encore la saynète avec les corbeaux et Michael Jackson).
Il n'en reste pas moins que le films souffre de certaines longueurs (il faut une heure entière à Dorothty pour rencontrer ses compagnons d'infortune).

Par contre, je trouve la prestation de Diana Ross sans relief. Les deux surprises viennent plutôt d'un débutant et d'une ancienne gloire. Pour le premier il s'agit de Michael Jackson, assez lisse dans son personnage d'épouvantail mais très convaincant dans ses prestations scéniques. Pour la seconde, d'une grande dame qui nous a quitté cette année : Lena Horne, pour son dernier long métrage , impressionnante dans un un solo magistral en guise de quasi-clôture du film.
A noter aussi les cascades de Steve James (qui deviendra entre autre Kun-Fu Joe dans I'm Gonna Git You Sucka).



dimanche 18 juillet 2010

The Fighting Temptations

Un des sous-genre les plus répandus dans cette décennie 2000, c'est la comédie romantique ! Ici, elle rassemble l'ancien jeune premier Cuba Gooding Jr. et la talentueuse et splendide Beyoncé...

THE FIGHTING TEMPTATIONS - Jonathan Lynn (2003)



Monte Carlo, Georgie. Tante Sally, grande adepte de la paroisse du révérend Lewis (Wendell Pierce) et animatrice de sa chorale, décède et lègue 150 000 $ à son neveu, Darrin Hill (Cuba Gooding Jr.). Ce dernier, qui vient juste d'être licencié, pour son accumulation de mensonges, voit dans cet héritage une opportunité de rebondir. Mais une fois revenu dans son village natal pour les obsèques de Tante Sally, Darrin apprend que celle-ci a conditionné son don : il doit remonter la chorale et lui faire gagner la "Gospel Explosion".
Il hérite donc d'une chorale sans talent dont les membres sont sous la coupe de la bigotte Paulina (Latanya Richardson), qui avait fait partir sa mère du village 20 ans auparavant ! Darrin va devoir agrandir la chorale et choisit comme soliste son ancienne amie d'enfance : Lilly (Beyoncé Knowles)...
Programmé pour cartonner, le film propose un casting conséquent (et en particulier le duo principal sur lequel je reviendrais plus bas) et une équipe technique alignant des professionnels reconnus : Lisa Reynolds officie aux effets spéciaux, Stacye P. Branche, Patrice Coleman et Joanetta Stowers aux maquillages, Mary Jane Fort et Tracey White aux costumes, tandis que le casting est dirigé par Robi Reed. Le tout étant co-produit par Loretha C. Jones et Tierre Turner (qui débuta comme très jeune acteur dans les classiques blax Cornbread, Earl and Me, Bucktown et Friday Foster).
Sur le papier, il y a donc presque tout pour faire un bon film grand public... Le succès commercial et critique sera pourtant mitigé. La scénario est assez banal et repose sur les ressorts amplement connus du héros égoïste et parvenu qui au contact des ses racines populaires (et de la jolie fille) devient altruiste. Mais il est plutôt bien mis en image, les habitants de villages et les membres de la chorale sont bien dépeints, les scènes musicales réussies et le happy end au rendez-vous.
Le problème est à chercher dans l'écart criant entre les deux têtes d'affiche : Beyoncé Knowles offre une très bonne prestation et une interprétation musicale magistrale, en particulier sur Fever où elle est tout bonnement envoutante. Cuba Gooding Jr. est quant à lui plutôt médiocre (certes moins que dans The Boat Trip ou Daddy Day Camp).

Deux acteurs secondaires viennent apporter la touche comique : l'incontournable Mike Epps (second couteau récurrent dans des dizaines de comédies dont Next Friday, Dr. Dolittle 2, All About the Benjamins, How High, Friday After Next, Guess Who, Roll Bounce, The Honeymooners, Welcome Home, Roscoe Jenkins, Talk to Me, Soul Men, Next Day Air, Very Bad Trip, The Janky Promoters, Lottery Ticket et 35 and Ticking) et le comique Steve Harvey (dont on peut avoir un aperçu du talent dans The Original Kings of Comedy), dont la présence à l'écran est trop limitée. Se croisent aussi LaTanya Richardson (Hangin' with the Homeboys, Juice, Malcolm X, All About Us, Mother and Child), Wendell Pierce (A Rage in Harlem, Waiting to Exhale, Get on the Bus, Bulworth, Brown Sugar, Ray, I Think I Love My Wife, Night Catches Us et il incarnera B.B. King dans un biopic qui devrait sortir cette année), la jeune Chloe Bailey (Last Holiday, Gospel Hill, Meet the Browns), Lou Myers, L. Warren Young, Faizon Love... Ainsi que deux dinosaures qui débutèrent dans la blaxploitation avec respectivement Cotton Comes to Harlem et Five on the Black Hand Side : la chanteuse Melba Moore et Sonny Jim Gaines.

samedi 17 juillet 2010

Soul Men

Avant un mois de vacances pour le blog, je finis cette saison par le dernier film du regretté Isaac Hayes...

SOUL MEN - Malcolm D. Lee (2008)

Les années 70 : un trio de chanteurs soul -The Real Deal- explose au box-office. Mais Marcus Hooks en devient vite le leader jusqu'à faire une carrière solo tandis que les deux autres memebres tombent dans l'anonymat.
20 ans plus tard, Floyd Henderson (Bernie Mac) apprend le décès de l'ancien leader du groupe.
Flairant le bon coup financier d'un retour sur le devant de la scène, il essaie de remonter le groupe.
Louis Hinds (Samuel L. Jackson), repris de justice, est devenu garagiste. Il accepte la réunification du groupe à contre-coeur.
Les deux compères traversent le pays de la côte ouest à New York, pour un concert au mythique théâtre Appollo. Le voyage est long et les vieilles rancœurs ressurgissent. On apprend vite la cause de leur animosité : il y a 20 ans, Floyd a couché avec Odetta, la femme de Louis. Outre l'ambiance explosive, Floyd et Louis doivent se remettre sérieusement au travail pour revenir au niveau.
Pensant retrouver Odetta, ils découvrent Cleo (qui pourrait être la fille de Floyd) et l'entraînent dans l'aventure comme nouvelle chanteuse de The Real Deal...
Ereinté par la critique et avec moins de 13 millions de dollars de recettes, le film est un flop. Plutôt lourdingue et graveleux, avec un scénario d'une banalité déconcertante, le film ne tient finalement que par son casting (encore faut-il aimer les facéties de Bernie Mac) et la présence de guests comme Isaac Hayes ou Millie Jackson.
Le film est surtout vendu comme le dernier de Bernie Mac et Isaac Hayes, qui meurent à un jour d'intervalle en août 2008, quelques mois avant la sortie. Il est remonté pour l'occasion, selon Malcolm D. Lee (mais l'on ne voit le "Black Moses" que quelques instants).
Par moment, un style très blax' avec des traveling sur des façades, motels et autres cinémas aux enseignes lumineuses, ou encore le design et la façon de filmer les voitures. La B.O.F. tient le rythme ; c'est le moins que l'on puisse attendre de Stanley Clarke, le compositeur afro-américain, habitué des productions blacks (Boyz N the Hood, Poetic Justice, Panther, Undercover Brother,...)

Film très décevant donc, surtout de la part de Malcolm D. Lee, qui nous avait habitué à bien mieux -même dans l'humour un peu gras- avec l'hilarant Undercover Brother et même Welcome Home, Roscoe Jenkins.