dimanche 11 juillet 2010

Truck Turner

Truck Turner & Cie (pour la version française) est le deuxième film du "Black Moses".

TRUCK TURNER - Jonathan Kaplan (1974)

Une ancienne gloire du football, Mac "Truck" Turner (Isaac Hayes) exerce à présent comme chasseur de prime, avec son ami Jerry (Alan Weeks). Coté perso, Truck attend la sortie de prison de sa copine, Annie (Annazette Chase).
Coté boulot, les deux compères doivent mettre la main sur mac réputé : Richard L. "Gator" Johnson (Paul E. Harris). Il leur échappe une première fois ; mais leur seconde rencontre tourne court et ils tuent Gator.
Dorinda (Nichelle Nichols) reprend d'une main de fer le "cheptel" du pimp décédé. Et en plus de ça, elle pose un contrat sur la tête de Truck Turner. Tous les malfrats de la ville se mettent à ses trousses, et en particulier le pimp Harvard Blue (Yaphet Kotto).A regarder ce Truck Turner, on regrette vraiment qu'Isaac Hayes n'ait pas eu plus de rôles durant la vague des films soul. Parce que ces personnages sont plus que convainquant. Truck est cool, il est plutôt naturel, pas vraiment frimeur et ne collectionne pas les conquêtes. En même temps, il n'hésite pas à distribuer des gifles et à faire parler son flingue. Bref, un héros tout ce qu'il y a de plus attachant.

Jonathan Kaplan (qui avait réalisé l'année précédente The Slams avec Jim Brown) connaît son affaire, il alterne les scènes légères et musclées, et insuffle un vrai rythme à son film. Il utilise judicieusement les grandes focales (ce qui donne des plans comme ci-contre), nous offre de belles courses-poursuites en voiture, des fusillades mémorables, et des réunions de pimps géniale (en particulier lors de l'enterrement de Gator, avec le défilé de souteneurs haut en couleur et les prostitués en deuil, mais en dentelles). Tout celà appuyé par la B.O. de Hayes.
Le scénar est signé par Oscar Williams (scénariste de Black Belt Jones, et réalisateur de The Final Comedown, Five On the Black Hand Side, Hot Potato et Death Drug) et Michael Allin (Enter the Dragon).

Autre ingrédient au rendez-vous : le foisonnement de têtes connues. D'abord j'ai envie d'évoquer deux acteurs que j'affectionne particulièrement Scatman Crothers et Esther Sutherland, des seconds rôles au physique inrattable
Bien sûr, il faut noter aussi les bonnes prestations de Yaphet Kotto (assez proche de son personnage de méchant dans Live and Let Die, l'année précédente) et Nichelle Nichols (Star Trek), les passages de Stan Shaw, Sam Laws, Jac Emil, Earl Jolly Brown, des cascadeurs Eddie Smith et Henry Kingi, et coté "withey" de Dick Miller, Charles Cyphers, Lisa Farringer (jolie blonde cantonnée à des rôles légers comme dans Cleopatra Jones, Coffy ou Foxy Brown),

vendredi 9 juillet 2010

Truck Turner

Truck Turner & Cie (pour la version française) est le deuxième film du "Black Moses".

TRUCK TURNER - Jonathan Kaplan (1974)

Une ancienne gloire du football, Mac "Truck" Turner (Isaac Hayes) exerce à présent comme chasseur de prime, avec son ami Jerry (Alan Weeks). Coté perso, Truck attend la sortie de prison de sa copine, Annie (Annazette Chase).
Coté boulot, les deux compères doivent mettre la main sur mac réputé : Richard L. "Gator" Johnson (Paul E. Harris). Il leur échappe une première fois ; mais leur seconde rencontre tourne court et ils tuent Gator.
Dorinda (Nichelle Nichols) reprend d'une main de fer le "cheptel" du pimp décédé. Et en plus de ça, elle pose un contrat sur la tête de Truck Turner. Tous les malfrats de la ville se mettent à ses trousses, et en particulier le pimp Harvard Blue (Yaphet Kotto).A regarder ce Truck Turner, on regrette vraiment qu'Isaac Hayes n'ait pas eu plus de rôles durant la vague des films soul. Parce que ces personnages sont plus que convainquant. Truck est cool, il est plutôt naturel, pas vraiment frimeur et ne collectionne pas les conquêtes. En même temps, il n'hésite pas à distribuer des gifles et à faire parler son flingue. Bref, un héros tout ce qu'il y a de plus attachant.

Jonathan Kaplan (qui avait réalisé l'année précédente The Slams avec Jim Brown) connaît son affaire, il alterne les scènes légères et musclées, et insuffle un vrai rythme à son film. Il utilise judicieusement les grandes focales (ce qui donne des plans comme ci-contre), nous offre de belles courses-poursuites en voiture, des fusillades mémorables, et des réunions de pimps géniale (en particulier lors de l'enterrement de Gator, avec le défilé de souteneurs haut en couleur et les prostitués en deuil, mais en dentelles). Tout celà appuyé par la B.O. de Hayes.
Le scénar est signé par Oscar Williams (scénariste de Black Belt Jones, et réalisateur de The Final Comedown, Five On the Black Hand Side, Hot Potato et Death Drug) et Michael Allin (Enter the Dragon).

Autre ingrédient au rendez-vous : le foisonnement de têtes connues. D'abord j'ai envie d'évoquer deux acteurs que j'affectionne particulièrement Scatman Crothers et Esther Sutherland, des seconds rôles au physique inrattable
Bien sûr, il faut noter aussi les bonnes prestations de Yaphet Kotto (assez proche de son personnage de méchant dans Live and Let Die, l'année précédente) et Nichelle Nichols (Star Trek), les passages de Stan Shaw, Sam Laws, Jac Emil, Earl Jolly Brown, des cascadeurs Eddie Smith et Henry Kingi, et coté "withey" de Dick Miller, Charles Cyphers, Lisa Farringer (jolie blonde cantonnée à des rôles légers comme dans Cleopatra Jones, Coffy ou Foxy Brown),

jeudi 8 juillet 2010

Three Tough Guys

Isaac Hayes débuta sur grand écran en tant qu'acteur dans ce film policier. Originellement Uomini duri, ou bien Les Durs pour les écrans français, cette production franco-américano-italienne est un des petits bijoux de la blax' où deux icônes de l'époque jouent avec notre Lino Ventura national. Le titre Three Tough Guys tout comme l'affiche sont trompeurs sur la marchandise, puisqu'en fait de trois durs, on a plutôt droit à un excellent duo entre Isaac Hayes et Lino Ventura.

THREE TOUGH GUYS - Duccio Tessari (1974)



Le Père Charlie (Lino Ventura) célèbre la cérémonie funèbre pour un de ses anciens paroissiens, assassiné dans la rue. Ce prêtre pas très catholique va se lancer dans un enquête pour démêler les raisons de son assassinat.
Lee Stevens (Isaac Hayes), un ancien inspecteur aux manières expéditives, enquête lui sur le meurtre de son ancien équipier. Les deux histoire se rejoignent et Lee tire le prêtre d'un mauvais pas.
Les deux compères vont mener de concert leur enquête qui les mène sur la piste d'un braquage de banque et du gangster Joe Snake (Fred Williamson) et de sa petite amie Fay (Paula Kelly)


Ventura est génial , dès la fin de son premier prêche il distribue des baffes. Il hache l'anglais à merveille, se déplace à vélo, stocke des armes sous son Jesus en figues et les transporte dans son sac de golf. Un prêtre comme on en rêve ! Scène succulente où une prostituée vient raccoller Lino et le traite de raciste lorsqu'il refuse ses faveurs !
Première apparition sur grand écran du "Black Moses". Isaac Hayes est très convaincant et enchaînera l'année suivante un des gros succès du soul cinema : Truck Turner. Bien sûr, il assure la composition de la B.O. : magique !
Dommage pour le final, un peu cheap, d'autant plus que je trouve toujours réjouissante l'idée d'une fusillade dans une salle de jeu.

Quant à Fred Williamson, il est égal à lui-même si ce n'est qu'il n'a qu'un rôle très secondaire, plus encore que sa petite amie à l'écran Paula Kelly dans une très bonne composition ! On croise Nathaniel Reed et Pemon Rami (qui participent tout deux à Cooley High et The Monkey Hustle, ainsi que dans Mahogany pour le second), ou encore Bob Minor qui se fait corriger promptement par Ventura. Mais la distribution est italienne ou italo-américaine, dont certains acteurs que l'on que l'on peut recroiser dans d'autres productions blax', tels que William Berger (Superfly TNT), Thurman Scott (Across the 110th Street), Walter Scott (Buck and the Preacher et Black Eye)
Dino De Laurentiis produit ce petit trésor, tout comme le controversé et trop peu connu Mandingo, sa mauvaise séquelle Drum, et de nombreux blockbusters jusqu'à aujourd'hui. Luciano Vincenzoni assure le scénario (on lui doit aussi Et pour quelques dollars de plus et Le bon, la brute et le truand).

samedi 3 juillet 2010

Hollywood Shuffle

Avec ce Ticket pour Hollywood, Robert Towsend -qui débute en tant qu'acteur dans Cooley High- signe là sa première réalisation : une comédie particulièrement réussie et pertinente, ce qui commençait à manquer cruellement dans ces années 80 marquées par un recul de la représentation des Afro-Américain, circonscris à des rôles comiques insipides. Towsend vient dynamiter les stéréotypes...

HOLLYWOOD SHUFFLE - Robert Towsend (1986)

Bobby Taylor (Robert Towsend) rêve de devenir un acteur hollywoodien et répète pour ses auditions avec son petit frère. En attendant, il travaille dans un fast food, le Winky Dinky Dog, et ces collègues (John Witherspoon & Keenen Ivory Wayans) font tout pour le dissuader de devenir acteur.
Bobby passe des castings, croise un grand nombre d'actrices et acteurs en herbe, comme lui, et prêts à jouer tous les rôles. Mais ce sont surtout des rôles très stéréotypés que lui demandent les casteurs blancs, (et spécialement des rôles de sosie d'Eddie Murphy), une diction urbaine nasillarde et des tyrades empreintes de misogynie voire de racisme...
Bobby s'interroge beaucoup. Critiqués par ses collègues et amis, par sa grand-mère (Helen Martin) qui a connu la pire période pour les Noirs dans le cinéma d'Hollywood, tiraillés par ses rêves de gloire, ou anxieux de voir son frère admirer les pimps et les gangsters qu'on lui demande de jouer : il doit faire un choix.
Alors que la fin 70s et le début des 80s se sont accompagnés d'un recul certain dans les personnages donnés aux Noirs et les sujets traités, la période est marquée par la disparition quasi-complète des réalisateurs afro-américains. Ce double recul est un cercle vicieux que vient briser Robert Towsend. Dans la lignée des grands noms du cinéma afro-américain, il écrit, réalise et produit. Pour le scénario il est appuyé par Keenen Ivory Wayans. La famille est bien représentée et fait ses premiers pas devant ou derrière la caméra puis, outre Kennen Ivory, on retrouve Damon et la soeurette Kim. Et près d'une vingtaine d'actrices et d'acteurs de second plan se retrouvent aussi dans I'm Gonna Git You Sucka ou Dont Be A Menace...

Tout est pertinent et bien trouvé dans ce film prétention : les cours de "jive talking", les sosies d'Eddie Murphy, les changements de voix selon que les Noirs s'adressent à leurs à un collègue acteur, noir lui aussi, ou au casteurs blancs. Towsend s'essaie aussi -et avec succès- à des parodies de blockbusters ou de bisseries soul : Rambo, Mandingo, Indiana Jones, Amadeus, Dirty Harry, JD's Revenge... sont ainsi détournés avec un talent comique, un regard acéré et, en même temps, une sympathie non dissimulée.
Et le tout reste très léger, ni professoral, ni lourdement militant.

Il y a pléthore de gueules connues, et Towsend se délecte de multiplier les seconds rôles de toutes les grandes époques du cinéma : la blaxploitation bien sûr avec Helen Martin, David McKnight (le J.D. Walker de JD's Revenge), Franklyn Ajaye (Car Wash), Jesse Kitten (Mahogany), Steve James (The Education Of Sonny Carson, The Warriors ou encore Kung-Fu Joe dans I'm Gonna Git You Sucka), Le Tari (Brotherhood Of Death)... Mais aussi le vétéran des "all black cast", Nick Stewart qui joua dans Cabin In the Sky, Stormy Weather et Carmen Jones. La nouvelle génération est aussi représenté avec la famille Wayans, j'en ai parlé, mais aussi John Witherspoon, Jimmy Woodard, Paul Mooney, Nancy Cheryll Davis, Starletta DuPois...

vendredi 2 juillet 2010

Dance Flick

...20 ans plus, c'est au tour d'une nouvelle génération de se lancer dans une nouvelle parodie, cette fois consacrée aux films musicaux et de danse...

DANCE FLICK - Damien Dante Wayans (2009)

 

Thomas Uncles (Damon Wayans Jr.) est un jeune street dancer adepte des battles, sous la coupe d'un caïd obèse -Sugar Bear (David Alan Grier)- à qui il doit rembourser un prêt.
Megan White (Shoshana Bush) se consacre à la danse classique et rêve de gloire dans sa banlieue cossue. Mais lorsque sa mère meurt, elle va vivre avec son père (Chris Elliott) dans les bas-fond de la ville. Elle y intègre le lycée fréquenté par Thomas et se lit d'amitié avec sa sœur Charity (Essence Atkins), une jeune mère pas très douée.
Liés par leur passion commune pour la danse, Thomas et Megan tombent amoureux...
Voilà une bien étrange lignée que celle des Wayans, à chaque génération ils investissent la parodie des genres marquants de leur époque : I'm Gonna Git You Sucka pour la blaxploitation, Don't Be A Menace... pour les urban movies et Scary Movie pour les films d'horreur d'adolescents. Ici le petit dernier Damien Dante Wayans s'attaque au genre des comédies musicales et autres films de danse. Il confie le rôle principal à son cousin Damon Wayans Jr. (Blankman et My Wife and Kids) et la partition à son oncle Dwayne.
C'est en outre le film où apparaissent un maximum de membres de la famille Wayans, des plus connus (Keenen Ivory, Marlon et Shawn qui jouent, écrivent et produisent et leur sœur Kim) aux plus anonymes (Cara Mia, Michael, Craig, Chaunte et Gregory Wayans Benson Jr.).

Outre cette appétence à donner des rôles à leurs familles, les Wayans se caractérisent par leurs parodies d'autres films et séries. Celui-ci est axé sur les films de danse et de musique et les références sont légions. Elles empruntent aussi bien aux classiques Flashdance, Fame, Dirty Dancing ou même Singin' in the Rain
qu'aux films de facture plus récente comme Stomp the Yard, Ray, Save the Last Dance, High School Musical, Roll Bounce, Hairspray ou Dreamgirls.
Quant à juger ce genre de travail, l'affaire relève clairement du goût et, sans atteindre le niveau des comédies sus-citées, l'on retrouve l'humour tantôt ciselé, tantôt bien gras qui fait la marque des Wayans.

Au niveau du casting, il y a bien sûr quelques habitués des projets de la famille : David Alan Grier, Casey Lee ou l'acteur blanc Lochlyn Munro (qui apparaît plusieurs fois mais ne figure étonnamment pas au générique). Il y a aussi Essence Atkins (How High, Deliver Us from Eva, Preacher's Kid, Love For Sale ou encore les séries Half & Half et Are We There Yet ?), Affion Crockett (For da Love of Money, Universal Remote, Welcome Home, Roscoe Jenkins, Soul Men), Tuffy Questell (Bamboozled)...

I'm Gonna Git You Sucka

Presque 10 ans avant Don't Be a Menace... Keenen Ivory Wayans ouvre la voie des parodies bien senties, avec cet hommage appuyé à la blaxploitation, ses héros, ses stéréotypes et ses coté bis...


I'M GONNA GIT YOU SUCKA
Keenen Ivory Wayans (1988)


Jack Spade (Keenen Ivory Wayans) retourne dans le foyer maternel après l'"O.G." ("Over Gold", une overdose d'or) de son frère; celui-ci avait de mauvaises fréquentations et des dettes contractées auprès du caïd local, Mister Big.
Spade se rend au concours annuel des gangs, il y rencontre John Slade (Bernie Casey), héros de la lutte anti-gang et ancien amant de sa mère (Ja'net DuBois), espérant s'en faire un allié.
Ils s'enjoignent rapidement l'aide de Hammer et Slammer (Isaac Hayes & Jim Brown), puis de Kung-Fu Joe (Steve James) et Flyguy, un pimp à l'ancienne (Antonio Fargas). Ensemble, ils vont nettoyer le quartier...

L'ambiance des productions soul est bien retranscrite : les traits marquant de la période sont pasticher avec humour, mais toujours avec une sentiment de respect affectueux. Ces traits sont grossis volontairement : on aperçoit le cascadeur doublant Ja'net DuBois, on rencontre l'incontournable militant révolutionnaire paranoïaque (Clarence Williams III) dont les chérubins blancs et blonds récitent des rédactions sur ce "Blanc pouilleux de Lincoln", la chanteuse de club -incarnée par Kim Wayans- qui en fait des tonnes en chantant "Oh When the Saints". La palme allant peut-être à ce dialogue entre Jim brown et K. I. Wayans :
"- Qu'est-ce qui te fait croire que tu peux être un "black heroe" ?
- Je suis un ancien joueur de football."

Il y a aussi des parodies d'Abby, de The Mack (avec le concours de pimp de l'année gagné -forcément !- par Antonio Fargas), des films d'action soul, du sow télévisé culte Soul Train et de Jim Kelly. Ainsi qu'une vanne récurrente sur les thèmes musicaux avec un Bernie Casey déambulant dans la rue sur le thème de Shaft interprété un groupe qui marche dans ses pas.

Les stars de l'époque (Bernie Casey, Isaac Hayes et Jim Brown) et les secondes gueules jouent le jeu à fond, à l'image des Ja'net DuBois (Five on the Black Hand Side, A Piece Of the Action, la série TV culte Roots), Marilyn Coleman (Willie Dynamite, Disco Godfather et le plus récent Menace II Society), les cascadeurs Bob Minor et Tony Brubaker, l'incontournable Antonio "Huggie" Fargas.
Mais aussi des acteurs plus jeunes comme Chris Rock, Kadeem Hardison (qui jouera un des rôles principaux de Panther, et apparaît dans School Daze, White Men Can't Jump, Vampire in Brooklyn, The 6th Man, Showtime), Robin Harris et nombre d'autres, les Wayans au premier rang, ayant collaboré à l'excellent Hollywood Shuffle de Robert Towsend qui fait donc assez logiquement une brève apparition.

Enfin, cette production offre aussi un rôle à un dinosaure du cinéma noir : Jester Hairston, musicien et acteur qui participe aux mythiques The Green Pastures, Carmen Jones, The Sun Shines Bright de John Ford, à Lilies of the Field et In the Heat of the Night avec Sidney Poitier, et à quelques films soul comme Lady Sings The Blues ou The Bingo Long Traveling All-Stars & Motor Kings.



Don't Be A Menace...

Comment bien conclure cette série de chroniques de films urbains des années 90 par des réalisateurs afro-américains ? En évoquant cette parodie déjantée et hilarante, signée par les frères Wayans.

DON'T BE A MENACE TO SOUTH CENTRAL
WHILE DRINKING YOUR JUICE IN THE HOOD
Paris Barclay (1996)



Ashtray (Shawn Wayans) est confié à son père (qui semble plus jeune que lui) pour lui apprendre à être un homme.
Accompagné de Loc Dog (Marlon Wayans), Preach, le prêcheur afro-centriste fanatique des femmes blanches et Crazy Legs, paralysé suite à un drive-by, qui rêve de devenir danseur, Tray se rend à une party où il tombe amoureux de Dashiki, une jolie jeune mère de sept enfants (de pères différents). Elle tombe enceinte quelque minutes après leur premier rapport...
Tray ne sait pas s'il doit quitter le ghetto avec sa bien-aimée ou rester glander au quartier avec ses potes. En attendant de prendre un décision, il continue sa petite vie faite de visites à sa grand-mère (Helen Martin), de parties de pêche avec son jeune père ou de sorties avec Loc Dog, Crazy Legs et Preach.

Ce film se présente comme une parodie des films sur le ghetto La trame de reprend celles de Boyz N the Hood (avec le prénom détourné "Tre" en "Ashtray" qui veut dire "cendrier" : une blague qui donne le ton de l'humour Wayans) et Menace II Society, mais l'on retrouve des pastiches des scènes les plus marquantes de la période de Juice à Dead Presidents, en passant par Poetic Justice, New Jack City ou même Jungle Fever.
L'humour de Shawn et Marlon Wayans, il faut adhérer, c'est sûr. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas c'est un peu du Zucker-Abraham-Zucker afro-américain et on leur doit la série des Scary Movie. Je suis plutôt bon public pour ce qui concerne les comédies, donc pour moi ce film est vraiment tordant.
Sa force est de mettre un focus sur les pires stéréotypes du genre "movie in the hood" et de les caricaturer à outrance. Certains acteurs reprennent même des rôles qu'ils jouaient dans les films originaux tels que Omar Epps (dans Higher Learning) ou Toshi Toda (l'épicier de la mythique scène d'ouverture de Menace II Society).

Les parodies se succèdent et sont toutes réussies, à la fois lourdingues et pertinentes, comme la scène du drugstore où l'épicière coréenne et son mari suivent partout Tray et Loc-Dog alors qu'un Blanc se sert allègrement dans les rayons et la caisse, ou encore lorsque la mère de Tray affirme : "Désolé, les femmes noires positives n'ont pas leur place dans ces films".

La famille Wayans est représésentée dans toutes ses composantes : Shawn et Marlon bien sûr, les architectes du projet, Keenen Ivory qui scande "message !" à chaque passage moraliste, mais aussi Kim, le neveu Damien Dante...
La directrice de casting Jaki Brown met aussi le grappin sur Bernie Mac et deux stars blax' : Antonio Fargas et l'increvable Helen Martin qui joue les grand-mère depuis 30 ans (en commençant pas Cotton Comes to Harlem jusqu'à Bulworth, en passant par A Hero Aint'...)